‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 400 sur 447 · DÉCIMES ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

DÉCIMES ECCLÉSIASTIQUES

depuis le commoncement de son règne, 2i6 276 livres tournois et qu'il avait reçu seulement 95 120 livres d'arrérages des anciennes décimes et des décimes levées dans les diocèses situés hors de France en vertu des décrets du concile de Lyon. Dos 121 154 livres dont le Saint-Siège se trouvait ainsi débiteur, le pape aurait pu retrancher 102 485 livres qui avaient été perçues, du propre aveu do G. du Temple, sur ce qui restait dû des décimes jadis concédées à Louis IX. Il aurait pu retrancher aussi, comme Grégoire X l'avait décidé \ la moitié du produit de la première année de la décime, imposée en 1274 sur les églises du royaume. Mais, dès le mois de juin 1282, Martin IV s'était engagé à ne pas compter la décime de 1274 en déduction des dettes contractées par l'Eglise envers Philippe III pour la défense de l'Orient ^ En 1283, « considérant la dévotion du roi pour la cour de Rome », il renonça aussi à déduire les 102 485 livres, reliquat des anciennes décimes; il les abandonna au roi afin qu'il les employât, en même temps, que les décimes nouvelles, à combattre les infidèles ^. L'Eg-lise resta donc redevable à Philippe d'une assez forte somme que celui-ci no cessa pas jusqu'à sa mort de réclamer avec énergie*. D'autre part, « il est à scavoir, dit un mémoire anonyme de 1307, que le roy Philippe, père de celui qui ores est, a trop plus despendu, sans comparaison, pour le voiage d'Aragon et es parties d'ilec... que les disiemes octroyés... n'ont vallu ^ ». Il semblait donc que l'obligé, c'était, non le roi, qui avait reçu les décimes, mais le pape, qui les avait données. Les conseillers de Philippe le

i. Arch. Nat., J, 446, n» 32.

2. I(j. u Slatiiimus de relique. . et aliis expensis per te factis et faciendis ad coaservationem terre prefate, tibi... satisfactionem plenariam exhibendam, ila qnod in hoc de décima regiii tui nichil penitus computetur. » Cf. H. F., XXI, 530, e.

3. Cf. un ordre de Martin IV au trésorier du Temple d'avancer certaines sommes au roi sur l'argent destiné au secours de la Terre sainte, si le roi en a besoin pour l'alTaire d'Aragon; exiger des reçus. Arch., Nat., i, 446, n» 34 (avril 12S3).

4. Arch. Nat., J, 714, n" 3038. Martin IV à Philippe III (octobre 1284) : « Petere curavisti ut de 111a sumnia pecunie que per finalem computum cum dilecto filio G. de Templo hactcnus habitum ex certis mutuis pro terre sancte custodia et causis aliis a te factis tibi assignari débet, celeriler satisfiat. — Quamcito commode lleri polerit satisfactio impendetur. » Cf. II. F., XXI, 530, h.

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