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Bel ont aiidacieuscment formulé cette opinion, en apparence paradoxale.
Le fait est que le roi, en 1284-85, ne put pas se contenter des décimes pour se mettre en mesure de servir l'Église en Aragon, soit qu'elles fussent en effet trop minimes, soit qu'elles n'aient pas été assez rapidement payées. C'est pourquoi il fit appel au crédit.
Le gouvernement royal avait toujours été en relations suivies avec les financiers d'Italie, tels que ce Renier Accorre, ancien chambellan des comtes de Champagne, qui jouit alors d'une faveur particulière \ et avec les marchands d'argent de Caliors ^ Toutefois, on ne voit pas qu'il ait fait, pendant les premières années du règne, des emprunts considérables, soit à ces capitalistes, soit à ses sujets. Les documents ne révèlent que de petites opérations isolées, comme un prêt de 20 000 livres contracté pour les affaires de Navarre % comme ce prêt de 4000 livres tournois fait à la couronne par un simple chevalier, Jakes de Hamel, sire de Clari *, Mais il y eut une véritable souscription nationale dans le courant de l'année 1284.
Des officiers du roi, et, entre autres, le bouteillerde France, Jean d'Acre % parcoururent les bailliages joro do?îù et mutiiis
l.B. E. C.,6e série, III, 71.
2. Voy. une lettre de G. de la Mare, panetier du roi, à G. Johen, « citeien de Kaors »" (Castres, 1272). Arch. Nat., J, 1022, n" 12. Cf. la note suivante.
3. Arch. mim. de Pampelune. Carlul. del rei D. Felipe, f° 9. Philippe III au gouverneur de Navarre :«Significamus vobisnos misisse nuper lilteras plures super diversis mutuis conlrahendis usque ad summam viginli millium libr. tur. ; et si non possetis mutuum invenire in Navarra, significetis hoc Guiileluio Johannis et Petro de Fontanis, servienlibus nostris, et illi querent pro vobis aiutuum.,. » — Ib.. f» 13. Le même au même r ■< Litteras noslras quas tradidistis ipsis Judeis de pecuuia quam nobis mutuaverunt, et quas postmodum recuperastis, ipsa pecunia niuluata non soliita, rcstituatis eisdem, ut loco et tempore illis litteris possint se juvare. »
4. Arch. Nat., J, 474, n° 50 (or. scellé). « A tous chiax qui chcs présentes letres voiront Jakes de Ilamel, chevaliers, sire de Clari, S. — Che saichent que jou de très haut priache et mon chier seigneur Ph., roys de Franche par la grasse de Dieu, ai rechiut deus mille livres de tournois en bone monnoie et bien contée, dont jeu me tiens bien a paies de ([uatre mille livres que jeu li avoie prcstées... Ce fu fait en l'an de grasse 1277, aus lendemain de la Saint Andriu. >•
5. H. F., XXII, 657, d. Compte du bailli de Sens au terme de la Toussaint 1285 : '. Pro expensis domini Johannis de Acon, factis querendo mutua facicnda régi per bailliviam, G4 livres. » — Jean d'Acre voyagea aussi dans le bailliage de Senlls, ihUL, p. 667, g.