‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 417 sur 447 · L.\NGLOIS. Vi · texte numérisé non relu

L.\NGLOIS. Vi

sig-né le détail de ses opérations K Ce Jehan d'Ays, secondé par des employés subalternes, Jehan le Clerc et Michel le Clerc, fournissait les capitaines de froment, d'orge, de farine, de fèves, de lard, de riz, d'amandes, de vin, de cire, de sucre, de toile, de « moulins à main », etc. Ses dépenses s'élevèrent à 220 061 livres 3 s, 3 d. — De même, les châteaux forts étaient munis de provisions variées par les soins des officiers royaux. Gerin d'Amplepuis, par exemple, châtelain d'Estella, reçut d'E. de Beaumarchais, en août 1277, un assortiment complet ^ : sel, fèves, poivre, safran, cannelle, girofle, vingt douzaines de chandelles de suif, deux milliers de harengs, cent porcs, étoupe, fil, cire, vinaigre, sucre, vin et blé. — Les mesures étaient donc prises pour assurer la subsistance des troupes ; si la famine se fit sentir à la fin de la croisade de 1285, c'est que des défaites navales des croisés empêchèrent Jehan d'Ays de se ravitailler par la voie de mer.

Outre l'argent et les vivres, le roi était obligé de pourvoir ses châteaux et ses armées des « engins » nécessaires ; de là une nouvelle classe d'officiers, les attiliatores, qui dirigeaient une quantité d'ouvriers « charpentiers, charrons, mineurs et maçons ^ ». L'artillerie de siège et de campagne était déjà fort encombrante ; on en peut juger par « le compte du charroi des engins pour l'expédition d'Aragon * » ; il fallut plus d'une centaine de charretiers pour le transport. On a d'autre part la liste des engins livrés en 1276 par Colin de Carcassonne, constructeur royal des balistes à Pampelune, au gouverneur de Navarre ^ Les ingénieurs tenaient un rang émincnt dans les osts féodaux ; ils eurent surtout l'occasion de se signaler sous Philippe III aux sièges de Pampelune et de Girone ^

Si grand que fût le rôle de l'artillerie dans les guerres du

\. H. F., XXII, 673 sqq. Les opérations énoncées clans le fragment iiue nous possédons dépassent à peine une somme de 43 000 livres; or, nous savons d'ailleurs que les dépenses de Jehan d'Ays s'élevèrent au total à 220 OGl livres {Ibid., 517).

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