REMONTE
xiu'' siècle, la cavalerie décidait encore du sort des batailles; elle jouissait traditionnellement d'une popularité et d'une importance prépondérantes. x4LUssi la sollicitude de la plupart des princes du moyen âge s'est-elle appliquée à faciliter par des règlements le recrutement des chevaux. L'un des principes les plus clairs de l'économie militaire était alors de favoriser la remonte en prolii])ant l'exportation des destriers à l'étranger.
Philippe le Hardi, qui organisa tant d'armées, ne manqua pas de se heurter au grave problème de la remonte et il ne le laissa pas sans solution. Par une ordonnance de la Pentecôte 1279, connue sous le nom d'ordonnance somptuaire, mais qu'un arrêt du Parlement désigne aussi exactement sous le nom d'ordonnance de jumentis tenendis % il commanda que tous les gentilshommes du royaume, possesseurs de 200 livrées de terre ou plus, et tous les bourgeois qui auraient tant en terres qu'en meubles la valeur de 1500 1. t. ou plus, entretiendraient désormais une jument poulinière. Les comtes, les ducs, les barons, les abbés et « tout li autre grant homme qui ont paslure suffisant » auraient des haras de six ou de quatre juments au moins; et cela, de la Chandeleur en un an. Juments et poulains seraient privilégiés et ne pourraient être saisis pour forfait ou dette de leur maître. Il était défendu d'acheter un palefroi plus de 00 livres tournois, un roncin plus de 13 ou de 25 livres, suivant la fortune de l'acquéreur. Nul marchand, ni aucune compagnie de marchands, ne pourrait avoir ensemble à une foire plus de trente chevaux d'armes à vendre ; sinon le surplus serait forfait au seigneur. Cet établissement était proclamé comme ayant force de loi « jusque au rapel le roy » ^
Il ne paraît pas que cette législation ait remédié à la rareté des chevaux de bataille. Des messagers du roi allaient en acheter jusqu'au fond de la Frise ^ car les guerres du temps en faisaient une destruction efTravante. P. de Condé déboursa