‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 421 sur 447 · Arch. Nat., JJ, XXX% n · texte numérisé non relu

Arch. Nat., JJ, XXX% n

3. Mand., n''38. Cf. quittance de la veuve de Boccanef^'ra.^l rc/i.iYai., J, 47i,no 40.

4. Voy. Di PiKTito, Hist. d'Aiçjues-Morles, p. 112. û. Yillani, XIII, c. 29:.

A côté des vaisseaux légers que les villes ou les particuliers équipaient à leurs frais pour faire la course, avec ou sans lettre de marque *, le gouvernement royal avait sa flotte. En 1284-1285, trois commissaires, P. de Sanz, M" G. Le Gorin et Jean Maillière, ne « mirent » pas moins de 202 880 livres tournois 17 sous 2 deniers pour armer, pour le compte du roi, des « galies et autres vaisseaux de mer » ^ Deux autres, Robert le Tabelart et Pons Rasier, dépensèrent près de 58 000 livres. Ces g-alies étaient-elles construites en France, ou bien les commissaires se contentèrent-ils d'en louer aux républiques commerçantes? On employa l'une et l'autre méthode, la construction et le louag-e. Pons Rasier, à Narbonne, acheta dans cette ville navires, g-réement et ancres '\; mais P. de Sanz et ses collègues s'adressaient certainement aux Pisans et aux Génois, car quinze galères pisanes et seize galères génoises parurent du côté des croisés au combat de las Formiguas.

Après le règne pacifique de saint Louis, on avait perdu en France l'habitude des grandes guerres. Philippe III, au contraire, rompit la noblesse au service par des convocations fréquentes. Il faut avouer qu'il fut souvent vaincu, mais il épargna au moins au règne suivant des expériences douloureuses. Le désastre de Sauveterre apprit à Philippe le Bel la nécessité d'accumuler de vastes approvisionnements. Les désastres de las Formiguas et de Rosas l'induisirent à perfectionner ses ressources navales. Malheureusement, le désastre de l'expédition d'Aragon ne lui fit pas voir le vice profond de la constitution des armées féodales; il ne vit pas, on ne vit pas autour de lui que les osts immenses formés à l'aide du ban et du stipendium n'étaient que des multitudes confuses; que l'esprit soi-disant chevaleresque, l'esprit d'aventures, qui y dominait, ne pouvait amener en présence d'un ennemi

i. Voy. sur ua corsaire de Narbonne, en 1284-1285, Arch. rnunîcip. de Narbonne, AA, 103, f" 63.

Page 1