‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 420 sur 447 · MARINE · texte numérisé non relu

MARINE

portes et les tours du côté de l'est; il agrandit l'enceinte intérieure du côté du sud ; il acheva de rendre formidable cette capitale de la France royale du Midi '. De plus, il améliora le port militaire d'Aigues-Mortes, créé par Louis IX. En mai 1272, il s'entendit avec un certain G. Boccanegra, qui se chargea de construire une enceinte et d'élargir le port à ses frais, à condition do percevoir la moitié des revenus de la ville et de tenir du roi cette moitié en fief lige-; mais Boccanegra mourut quelques mois après la conclusion de ce traité et Philippe restitua à ses héritiers les sommes qui avaient été déjà dépensées pour les travaux d'art ^ Les murs d'Aigues-Mortes, qui subsistent encore, n'en furent pas moins commencés alors avec le produit d'un quarantième extraordinaire sur les marchandises introduites dans cette place par terre ou par eau *. Aigues-Mortes, dans la pensée de saint Louis et de Philippe III, était un port destiné à servir de point de départ facile aux expéditions françaises d'outre-mer; mais il se trouva que ce port était en même temps une station navale de premier ordre qui commandait les côtes du bas Languedoc et qui devait être fort utile le jour où des hostilités se déclareraient entre la France et les puissances maritimes de l'Italie ou de l'Espagne. Quand Peyre d'Aragon fut dépouillé de ses États par Martin IV, il s'intitula, d'après les chroniques florentines, « chevalier et seigneur de la mer » ^; la guerre de 128^j fut à moitié une guerre navale; le port d'Aigues-Mortes acquit alors une valeur toute nouvelle. C'est à Aigues-Mortes €t à Narbonne que les agents du roi préparèrent, dans le courant de l'année 1284, l'armement de la flotte qui devait appuyer les opérations de l'ost des croisés. On a quelques détails sur ces armements; ces détails prouvent que le service de la marine eut sous Philippe le Hardi une importance extraordinaire.

1. ViOLLF.T-LE-Duc, Dictionti. de l'architecture, I, 353. — Cf. un arrêt de la Cour du roi (1280). Arch. de l'Hérault, 13, 9, f" 180. « Le roi donne 1000 livres pour construire une muraille à Carcassonne •>; Ilist. f/én. Lanr/., X, pr. c. 170.

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