‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 427 sur 447 · B. N., franc · texte numérisé non relu

B. N., franc

7. M. Léon Gadier nous a communiqué le texte des 190 mandements contenus dans les cartulaires de Pampelune alors que notre catalogue était déjà imprimé. Quelques-uns de ces mandements s'y trouvaient déjà insérés, d'après les copies de M. Brutails ou d'après les livres de Moret et de D. José Yanguas; nous les y avons laissés. Pour les autres, nous les avons utilisés dans plusieurs notes de ce livre, mais nous nous référons à la publication intégrale que M. C. a l'intention d'en faire.

nombre de lettres administratives aux sénéchaux, aux baillis, aux forestiers, aux évèques, aux grands vassaux. A lui seul, le service du parlement exigeait des centaines de mandements pendant cha • que session. Si les archives seigneuriales qui ont été relativement plus épargnées que les autres, comme celles de Flandre et d'Artois, contiennent seules aujourd'hui des mandements de Philippe III, les anciens inventaires des archives qui ont disparu attestent que tous les dépôts en renfermaient autrefois en abondance.

Quant à la qualité, il y a des raisons pour que les pièces qui ont subsisté ne soient pas les plus importantes, car si la plupart d'entre elles ont été conservées par des communautés religieuses ou par des familles seigneuriales, c'est parce qu'elles touchaient à leurs intérêts privés, parce qu'elles sanctionnaient une concession gracieuse à leur adresse, parce qu'elles étaient pour elles des titres de propriété; or, de pareils mandements n'ont guère de portée; ils ne sont pas susceptibles de donner une idée juste et complète de la nature de la correspondance administrative qui s'élaborait à la eour du roi.

D'ailleurs, même en tenant compte de la difTérence de quinze ans qui existe entre la durée respective des deux règnes, Philippe IV a laissé beaucoup plus de mandements, et des mandements plus intéressants, que Philippe III. Est-ce la faute du hasard, ou bien est-ce que l'administration de Philippe le Bel fut plus vigilante? Il est permis de ne pas adopter sans réserves la seconde de ces opinions. S'il est vrai que le nombre des lettres royales a dû suivre une progression continue, au xiii^ siècle, indépendamment de la valeur des princes, grâce à la multiplication naturelle des affaires, la statistique des lettres de Philippe III montre que nous n'avons presque plus un seul des mandements qu'il envoya à des officiers aussi considérables que les baillis de Vermandois ou de Mâcon, tandis que nous en avons plus de trente adressés au sénéchal de Garcassonne, Cette disproportion injustifiable * est le résultat d'une combinaison de hasards. Les archives du Midi ont été moins abîmées que celles du Nord. Donc, le hasard est sans doute l'une des causes de la rareté, absolue et relative, des mandements du fils de Louis IX.

Tel qu'il est, le catalogue des mandements royaux de 12170 à 1285 permet de formuler quelques observations sur les caractères diplo-

1. On dirait vainement que le bailli do Vermandois venait siéger plus souvent au Parlement que les sénéchaux du .Midi, et qu'il y recevait oralement les ordres du roi, car on a un graud nombre de lettres de Philippe le Bel aux baillis du Nord.

matiques de cette espèce particulière de lettres royales et sur la classification qu'il convient d'introduire parmi ses variétés, sujet que les auteurs du « Nouveau Traité de Diplomatique » ont négligé d'aborder *.

Les mandements du xiii*^ siècle ne ressemblent point à ceux de Louis VIT, qui n'avaient ni formules finales, ni date, et qui étaient écrits sur d'étroites lanières de parchemin; leur rédaction e?t uniformément simple, élégante et logique, comme celle de toutes les lettres de cette chancellerie de saint Louis dont M. J. Quicherat vantait avec raison le style approprié.

Le mandement commence toujours par les mots : « Philippus Dei gratia francorum rex », suivis de l'adresse : « senescallo Carcassone », et accompagnés d'une salutation : « Salutem », si le destinataire est un officier royal; si c'est un grand seigneur, l'archevêque de Bourges ou le comte de Flandre par exemple -, on dit : « Salutem et dilectionem ». L'acte lui-même contient dabord, soit une notification : « Scire vos volumus, significamus vobis ^ », soit un préambule destiné à faire connaître la volonté du roi : « Cum nos concesserimus » ou « voluerimus», etc. *. Quelquefois la lettre débute d'une façon abrupte par la formule essentielle : « Mandamus vobis quatinus ^... », sans préambule ni notification. Puis vient la date, indiquée indifféremment par « datum » ou par « actum » ; elle se compose toujours de la mention du lieu, du quantième du mois, indiqué d'après le comput romain ou d'après la commémoration des saints, et de l'année du Christ. Il n'est pas très rare de lire après la date la note « Redde lifteras » ou « Reddite lifteras » ®.

D'ordinaire, le texte du mandement, ainsi encadré entre la suscription et la date, ne forme qu'une seule période qui se déroule avec ampleur dans une langue claire et correcte. Il n'y a qu'un petit nombre de mandements rédigés en français; parmi ceux-là, il en est qui sont certainement des traductions faites d'après un original latin ''.

1. Sur la diplomatique des actes de Pli. III, voy. Nouveau Traité de Dipl., VI, 5. — Cf. DE Wailly, Éléments de paléorjraphie, I, 352.

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