‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 46 sur 447 · H. F., XX · texte numérisé non relu

H. F., XX

3. Ib., 50i. « Traditorum, ut creditur, concilio. » — Cf. 1. II, cli. ii.

la cour do France, il fut fort étonné, hâta son retour, persuadé que si Philippe avait marché en avant, il aurait éprouvé quelque trahison. Dès lors, comme le traître qui correspondait avec Alfonse devait approcher le roi de très près, pour être si hien renseigné, il soupçonna le chambellan Pierre de la Broce*. » Les conjectures de Robert d'Artois étaient bien hasardées, car il n'était pas étonnant qu'on eût reçu très tôt en Castille la nouvelle du départ des Français ; mais l'accusation, vraisemblable ou non, était une excellente machine de g^uerre contre le favori ; elle trouvait l'esprit du roi troublé par des mécomptes inexplicables et successifs, préparé par conséquent à l'accueillir aisément. « Le comte d'Artois raconta au plus vite tout ce qu'il savait au roi, son seigneur, qui, très affligé dans son cœur, réfléchit que celui qui connaissait si bien l'état de son hôtel appartenait à son conseil ou à son service personnel; et désormais il ne sut plus à qui confier ses secrets '. »

C'est ainsi que la confiance de Philippe III en son chambellan fut entamée; à partir de ce jour, la ruine finale du favori fut certaine. Les amis de Marie de Brabant s'enhardirent; vers le mois de novembre 1277 % ils obtinrent qu'une nouvelle commission fût déléguée vers les béguines de Nivelle, afin de savoir d'Isabelle de Sparbeke si elle croyait réellement à la culpabilité de la reine. L'évêque de Dol et Arnoul de Yisemale, de l'ordre du Temple, furent désignés pour faire cette enquête, et, en présence de l'évêque de Liège, ils procédèrent à l'interrogatoire de la pauvre femme ; ils lui demandèrent « moult de choses » et couchèrent ses réponses par écrit. Elle s'empressa naturellement de nier qu'elle eût jamais soupçonné l'innocence de la reine Marie : « Dites au roi qu'elle est bonne envers lui et loyale et envers tous les siens de bon cœur » ; et elle rejeta sur l'évêque de Bayeux toutes les mauvaises paroles qui avaient été dites à ce sujet :

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