‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 50 sur 447 · G. de Fracheto Chron. II. F., XXI · texte numérisé non relu

G. de Fracheto Chron. II. F., XXI

6. Voy. Vlncent. Le séjour de P. de la Broce à Janville en Beauce, ap. Mcm. Soc. Archéol. de l'Orléanais, 18o3, II, 460.

était poursuivi; il réussit, à la vérité, à quitter le royaume et il trouva un sûr asile dans les domaines du Saint-Siège, mais une information fut commencée sur les accusations qu'il avait répandues contre Marie de Brabant et sur les tentatives d'embauchage dont il s'était rendu coupable vis-à-vis des béguines de Flandre. Frère Arnoul de Yisemale et G. de Chambli, archidiacre de Meaux, la dirigèrent; elle donna lieu aux rouleaux d'enquête qui nous ont conservé tant de détails curieux sur les ambassades successives de Philippe III à Isabelle de Sparbeke. — Enfin Pierre de la Broce fut ramené à Paris et, sans forme de procès, pendu au commun gibet des larrons (30 juin 1278). Le duc de Bourgogne, le duc de Brabant, le comte d'Artois et plus de dix autres barons le « convoyèrent » solennellement jusqu'au lieu du supplice, et ils ne s'en voulurent « mouvoir » avant qu'il eût expiré \

Il est intéressant de savoir si la foule, étonnée de cette catastrophe, en fut affligée ou joyeuse. Elle resta plutôt indifférente; c'est à peine si quelques chroniques accordent à P. de la Broce certains témoignages de sympathie discrète ^; et, d'autre part, les écrivains officiels eux-mêmes ne disent nullement que sa chute ait été saluée par les acclamations populaires. Seulement, dit Nangis, elle fit causer ^ On chercha les raisons d'une disgrâce si mystérieuse; et, par l'intermédiaire de plusieurs annalistes, l'écho des suppositions contemporaines est parvenu jusqu'à nous. « L'un disait qu'il avait contrefait le sceau du roi, l'autre qu'il avait vendu le roi, d'autres que c'était par envie, car il était haï de tout le monde, excepté du roi ^ » ; on disait aussi qu'il avait été victime d'une vengeance de la reine, offensée de l'orgueil de sa femme ■'. Mais les gens prudents ne se souciaient pas de débrouiller Tintrigue d'une tragédie dont le dénouement seul

1. H. F., Cl. de Nangis, XX,'^.")!! ; Anonyme, XXI, OG : « et là parut-il bieu qu'il no i'amoienl mie » ; B. d'Avesnes, ibid., p. ISI.

2. Salmon, Chron. de Toiirdine, p. 10(). « Hoc anno fuit captus et suspcnsus, (|iiod dici dolor est, cl per barones pcr invidiam judicatus... » — CI. Ane. Chron. lie Flandres. U. F., XXII, 2i8. « Et ainsi lina le luallieureux P. de la Broce... »

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