LE PARTI DE MARIE DE RRABANT
seigneurs et demoiselles*; elle avait apporté avec elle les traditions de luxe délicat et de culture poétique qui embellissaient en ce temps-là le séjour des cours princièrcs du Nord. Henri III, duc de Brabant, son père, avait été le protecteur des plus célèbres trouvères du siècle, Gilebert de Berneville, Adenès li rois. Marie avait aussi un goût très vif pour les lettres ; s'il n'est pas vrai qu'elle ait collaboré, avec madame Blanche, veuve de Fernando de la Gerda, à la rédaction des chansons de g-este d'Adenès, elle pria certainement ce jongleur de versifier pour elle l'histoire de Gleomadès et de Berte aus grans pies *, et ce « roi » des rimeurs lui envoya ses « Enfances Ogier ^ ». Guillaume de Saint-Gloud lui dédia aussi un manuel d'astronomie qu'il avait composé cà sa requête et qui est devenu classique sous le nom de « Galendrier de la Reine * ». Une miniature d'un manuscrit du roman de Gleomadès ^ la %ure étendue sur un lit de parade, la tête appuyée sur la main g-auche, une fleur dans la main droite; deux princesses sont assises à côté d'elle, l'une vêtue aux couleurs d'Artois, l'autre qui porte les armes de France parti de Gastille : ce sont la comtesse Mahaut, fille de Robert d'Artois, et madame Blanche, qu'Adenès associe quelque part aux élog-es qu'il décerne à la reine, sans la nommer :
Deux dames en cui maint la flour De sens, de biauté, de valour...
Marie de Brabant se vit bientôt entourée de la plus brillante chevalerie. Au milieu de la cour jusque alors austère de Philippe III, ce roi si peu lettré, elle apparaissait en effet comme une héroïne de roman ". Elle eut, comme on
l.Cf. H. F., XX, 180.