‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 54 sur 447 · Bibl. de l'Arsenal, B. L., n» 175, f · texte numérisé non relu

Bibl. de l'Arsenal, B. L., n» 175, f

G.'jOn a écrit des romans sur Marie de Brabant. M. Jubinal, op. cit., p. 18, en cite un qui fut publié en 1808. — M. Imbert donna aussi, au commencement du

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l'a vu, un clan de grands seigneurs à sa dévotion. Une lettre du mois d'août 1278, écrite au pape Nicolas III pour le prier de refuser sa sauveg-arde à l'évêque de Bayeux, nous a conservé leurs noms \ C'étaient les ducs de Brabant et de Bourg-ogne, les comtes d'Artois, de Gueldres, de Bretagne, de Hollande, de Luxembourg-, de Ricliemond, de Bar, de Saint- Pol, de Dreux, de Soissons, J. de Hainaut, Enguerrand de Couci, et Raoul de Néelle, cliambellan de France. Coterie hautaine et fermée, où rég-nait un esprit tout allemand et tout féodal. Il s'y trouvait beaucoup de princes d'Empire, parents ou alliés de la reine; ils étaient venus d'Allemagne, séduits par l'attrait des élégances françaises, comme ce comte de Juliers et ce comte Otlion de Bourg^og-ne qui vivaient à Paris, et qui servirent volontairement, lors des expéditions de Castille et d'Aragon, « pour le grant amour qu'ils avoient au roi de France ^ ». Othon de Bourg-og-ne se maria même avec Mahaut, la fdle du comte d'Artois, amie particulière de la jeune reine, et Philippe pourvut la fiancée d'un douaire ^ Si le parti brabançon, après la chute du favori, était parvenu à dirig-cr les destinées de la royauté, l'œuvre de Philippe-Aug-uste et de Louis IX aurait été en péril, car il aurait inauguré dès lors les mœurs de la chevalerie dégénérée et théâtrale qui eut son âg-e d'or au xiv" siècle. Le duc Jean de Brabant, qui s'eng-ag-ea à accompagner à ses frais le roi en Terre sainte *, qui ne cessa de batailler à ses côtés pendant ses g-uerres du Midi, et qui finit par mourir d'un coup de lance dans un tournoi ^; le comte d'Artois, aventurier prodigue ^ et téméraire comme son père, le vaincu de Mansourali, étaient déjà, en quelque sorte, des personnages de

siècle, sous le litre de « Marie de Brabant », une tragédie en cinq actes et en vers.

1. Aroh. Nat., J, 429, n" 3. — De Gaullr, /. c, p. 08, n" 2. La lettre était écrite primitivement au nom de la reine et de ses amis, mais on a bifTé leurs noms; malgré la rature, ces noms sont encore lisibles.

2. H. F., XX, 504. « Quamplures qui de ref,no Alemannie sola gratia convenerunt. »

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