‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 55 sur 447 · Ane. chron. de Flandres. II. F., XXII · texte numérisé non relu

Ane. chron. de Flandres. II. F., XXII

6. Arch. du Pas-de-Calais. A. 22, n» 18. État des dettes du comte d'Artois en 1274, rôle original. 11 devait alors plus de 50 000 livres au roi de France-

LE PARTI DE MARIE DE BRABANT 3o

Froissart. Ils auraient régné, sans doute, ii la fai^on du roi Jean. — Mais, heureusement, ils ne formaient qu'un parti d'apparat, un vrai parti de cour; ils s'occu])aient moins de politique que de divertissements et de batailles. Toutefois, à partir de 1278, l'entourag-e de la reine Marie eut sur certains événements du règne une action décisive. N'est-ce pas grâce à son influence que dans la querelle qui éclata entre la vicomtesse de Limoges, parente de la reine, et les bourgeois de sa ville, Philippe III se montra favorable aux prétentions de la vicomtesse? Charles d'Anjou, qui avait en Robert d'Artois un allié si fidèle, s'appuya aussi sur les amis de ce prince pour incliner la volonté de Philippe le Hardi à servir ses intérêts en Italie; si bien que le parti de la reine, après 1278, devint essentiellement un parti angevin.

Les chroniqueurs ne parlent guère de Marie de Brabant après l'exécution de Pierre de la Broce ; nous savons cependant qu'elle ne se lava jamais complètement de l'odieuse accusation d'assassinat qu'on avait fait peser sur elle '. Voilà pourquoi, peut-être, pendant que ses parents et ses partisans s'agitaient en faveur du roi de Sicile, elle se tint désormais dans l'ombre '\ — Au contraire, la reine douairière, Marguerite de Provence, maintenue sévèrement par Louis IX, qui redoutait son ambition, à l'écart des affaires publiques, chercha à se dédommager, sous le règne de son fils, de l'effacement où elle avait vécu jusqu'alors. C'était une femme impérieuse; comme la reine Blanche de Castille, elle avait un cœur viril. Comme Marie de Brabant, elle avait d'ailleurs une clientèle de parents et d'hommes dévoués. Elle avait de plus des haines vivaces, longtemps contenues, et toute une politique combinée pour les satisfaire. Depuis son enfance, Philippe avait été plié par elle à lui obéir aveuglément ^. Après le principat de P. de la Broce, elle partagea avec les Brabançons la pre-

1. Voy. la bulle énigmatiqiie du Nicolas III, ap. Ray.\., laTS, no^ 34, 36, et Dante, Purcjatoire, VI, 22.

2. On ne trouve plus sou nom, après 1285, que dans des chartes relatives à l'administration de son douaire. Voy. par ex. Arch. Nat.,i, 155, n° 24 (l.'US). — On a aussi le compte de dépenses de son hôtel pour les années d276, 1283, 1284. H. F., XXII, 467, loo.

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