Raynaldf
Les grands officiers n'étaient que les chefs du parti de serviteurs actifs, dévoués, rassis, et attachés aux vieilles modes, qui a eu tant de crédit sous Philippe III, le parti des compagnons de saint Louis. On comptait dans ses rangs Simon de Néelle, qui fut régent de France, avec Mathieu de Saint- Denis et Erart de Yaleri « le prudhomme », comme l'appelle Joinville *; Gui le Bas, Philippe Grandie, R. de Rouvrai, Renaut Barbou, Raoul d'Estrées, F. de Yerneuil *, qui furent maréchaux de France.
Clercs et chevaliers, hommes de conseil et hommes d'action avaient donc été façonnés presque tous soit par Louis IX, soit par Alfonse de Poitiers. C'est un fait très notable, puisque nous savons d'autre part que Philippe le Hardi n'était point capable de réagir contre les influences du milieu où il vivait, et qu'il était naturellement disposé à subir volontiers l'influence de ce milieu-là. Voilà pourquoi toute la politique du règne a été comme marquée d'une empreinte conservatrice.
Telle fut la cour de Philippe III, divisée entre P. de la Broce, Marie de Brabant, Marguerite de Provence, Mathieu de Vendôme et les grands officiers de la couronne. Tous ont fait osciller à leur gré les volontés du roi ; mais les uns n'ont eu d'action que sur quelques détails de politique extérieure, d'autres se sont contentés des apparences magnifiques du pouvoir, d'autres, comme l'abbé de Saint-Denis, ont eu véritablement en partage les réalités du gouvernement.
L'entourage immédiat de Philippe comprenait encore une foule de personnes qui ne se rattachaient étroitement, à ce qu'il semble, à aucun de ces cinq grands partis, mais qui furent néanmoins fort appréciées du prince : le légat Simon de Brie (Martin IV), tout dévoué à Charles d'Anjou % Etienne
1. Sur E. (le Valeri, voy. P. Ansklmk, Ilht. généalor/., VIII, 403. Il y a, au Record Office, des lettres très amicales d'Erart de Valeri au roi d'Angleterre. Chancery miscellan. Port fol., VII, n<" 1177 cl 1229.
2. On a des chartes royales de donation en faveur de chacun d'eux. Voy. par exemple, pour Gui le Bas, Arch. Nat., JJ, XXX", n» 359, Arch. du Loiret, A, 201, II" 2; pour Ren. Barbou, Arch. Nat., J, 763, n" 1, A9-ch. des Quinze-Vingts, n» 5858, fo 152 v°, Cartul. norm., n" 102!}. Ren. Barbou avait une maison près du Palais de la Cité {Arch. nul.. S, 4G81, n» 7G).
3. Sur la famille des Poillechien, à laquelle appartenait Simon de Brie, voy. DE Mas Lathie, Uist. de Chypre, 1, 458.