‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 79 sur 447 · Ann. Placentini Gibellini. lOid., p · texte numérisé non relu

Ann. Placentini Gibellini. lOid., p

Crémone, où les fourriers qui le précédaient avaient été fort mal reçus * ; mais les habitants, s'excusant de la méprise qu'ils avaient commise, vinrent lui demander pardon dans la maison des Frères Mineurs, où il était descendu. C'est que son appareil était encore imposant; il avait, dit un gibelin de Plaisance, six cents bêtes de charge et une compagnie de quatre cents chevaliers. Cet appareil frappa tellement les Milanais qu'ils envoyèrent au-devant de lui, jusqu'aux frontières de l'Etat de Crémone, une députation pour lui faire honneur. Ils le prièrent même, selon l'annaliste de Saint-Denis, d'être leur seigneur et de recevoir leur ville en sa tutelle et en sa défense, après lui avoir offert douze beaux chevaux tout harnachés. Philippe III eut la sagesse de se faire excuser complètement et de refuser ces présents. « Il le fit, dit la chronique de Primat, par la bouche de M" Foulques de Laon, homme très bien enraisonné et très beau parleur, qui montra aux habitants pourquoi le roi ne voulait pas les satisfaire, si bien que les seigneurs de la ville s'en tinrent pour contents -. » — Le marquis de Monferrat attendait le roi à l'entrée de ses terres, qui touchaient au Milanais; il le conduisit avec magnificence, par Vcrcoil, jusqu'en Savoie, non sans multiplier les protestations de dévouement. Après Suse, Moncenis, Lans-le-Bourg, et le diflicile passage des Alpes, Philippe traversa la Maurienne tout droit jusqu'à Lyon; il chevaucha en Bourgogne, par Mâcon, Châlon et Cluny; enfin il vit la Champagne, dépassa Troyes, déposa à Provins le corps du roi Thibaut, et « il entra en cette très désirée contrée de France, où il vint à grand désir de cœur ». Le 21 mai, il atteignit Paris ^.

Le premier soin de Philippe III fut de transporter les ossements des martyrs qu'il ramenait d'Afrique à Notre-Dame, où ils furent veillés toute la nuit « au chant des psaumes, à grand'foison de luminaire ». Le lendemain, au matin, une immense procession se forma pour transporter les reliques à l'abbaye de Saint-Denis. Philippe lui-même portait, dit-on, la

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