‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 80 sur 447 · II. F., XXIII · texte numérisé non relu

II. F., XXIII

;i. Los boiirf^'eois de Paris sortirenl ;'i sa rencontre, et le corps des foulons, au nombre de 300 hommes, alla l'altendre jusqu'à l'orme de Bonnel. H. F., XX, 181 [Miracles de saint Louis).

LE COURONNEMENT DU ROI 5o

châsse de Louis IX sur ses épaules *. Le clergé de l'abbaye, en chapes de soie, des cierges allumés à la main, vint à la rencontre du cortège; mais quand on arriva aux portes de l'église, on les trouva closes -. C'était que l'archevêque de Sens et l'évêquo de Paris avaient revêtu leurs habits épiscopaux, et que les moines, forts de leurs anciens privilèges, ne voulaient pas permettre que ces personnages entrassent en ce costume dans leur abbaye, contre leurs francliises ; cela aurait créé un précédent. Tout le monde s'arrêta; les prélats s'allèrent dévêtir; après quoi, les portes furent ouvertes, et la cérémonie suivit son cours.

Ces pieux devoirs accomplis, et après deux mois d'un deuil sévère, Philippe dut songer à inaugurer son règne par le sacre traditionnel dans la ville de Reims. Les fêtes du couronnement furent célébrées le 15 août ^ avec beaucoup d'éclat, car elles coûtèrent plus de douze mille livres *. Le roi fut sacré par Milon de Bazoches, évêque de Soissons, le siège de Reims étant vacant. Robert, comte d'Artois, porta devant lui l'épéc Joyeuse; « et donc, ajoute Primat, fistle roy le serment de garder Testât du royaume et des églises selonc les anciennes coustumes; et quand les solempnitez des messes furent dites, les barons et le peuple se assemblèrent au disner, et toute la cité trépoit de joie, et, au soir, moult de précieux vêtements furent donnés des barons aux menestrex ^ ». Dès que ces réjouissances prirent fin, Philippe III alla visiter le Vermandois, et, prié par le comte d'Artois do daigner traverser ses terres, il vint à Arras, où, pendant quatre jours, sa

\. Cf. im lableau célèbre de Louis de Boullongne, gravé dans Gh. Bla.nc, Hist. des peintres. Notice sur Fr. de B., p. 7, « Philippe le Hardi conduisant le corps de saint Louis à saint Uenys ».

2. H. F., XX, 486. Yoy. un autre récit de la translation, d'après les impressions qu'en garda un pauvre valet qui fut guéri à cette occasion. Miracles de saint Louis. Ibid., p. 139.

3. On a longtemps discuté sur l'authenticité de cette date, car les chroniqueurs donnent les uns le lu, les autres le 30 août. Voy. un mémoire sur la <luesLion, ap. Notices et extraits des manuscrits, II, 9. Cf. L. Delisle, Mém. sur les ouvrages de G. de Nangis, p. 31.

4. 12931 1. 8 s. 1 d. Voy. un fragment du registre Pater, H. F., XXI, iOu. — Cf. B. N., lut., 12814, fo 213, et lat.. 15439, f» 3o v : « Despcns pour le couronnement du roy Phijippes ». Le couronnement de saint Louis n'avait coulé que 4 333 livres 14 s.

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