‹ Le règne des champignonsChapitre 30 sur 30 · HENRI III · texte numérisé non relu

HENRI III

L'ancien droit coutumier de France permettait aux tavomiers vendant le vin à pot et à mesure (à dépoteyor), comme à tous autres marchands, de poursuivre en justice le payement du vin vendu par eux à pot, mais déniait toute action aux cabaretiers pour le vin vendu à « nappes et assiettes » et bu dans leurs cabarets.

{CotUuwies) de Paris, art. 126 ; de Normandie, art. 535 ; de Calais, 518, etc., etc.)

Aux ordonnances multipliées sur ringénuùé du vin contre les mélanges, trempages et pareilles soldes, sont ajoutées des ordonnances sur le mesarage.

Nous voyons dans les Capitulaires de Gharlemagne que tes mesures-types, ou étalons des mesures,

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étaient conservées dans le palais du roi (m palatio habemus; capit, req. 789),

Chez les anciens, elles étaient déposées dans les temples des dieux.

S'il nous arrive, de mon vivant, de nous retrouver sous un gouvernement qui puisse s'occuper d'autre chose que de conquérir et de conserver le pouvoir et de restaurer les abus sur les ruines desquels il s'est élevé, je renouvellerai ce que j'ai proposé depuis bien longtemps.

D'abord réduire beaucoup, ou plutôt annuler les impôts sur le vin à dépoteyer, sur le vin que l'ouvrier achète pour le boire chez lui avec sa famille. Ce vin doit être protégé, c'est-à-dire vendu aussi bon marché que possible, comme le pain dont il est le corollaire.

Faire retomber cette somme d'impôts et demander le remplacement de ce revenu sûr, aux cabarets, brasseries, cafés où on boit sur place.

Le rétablissement du « droit coutumier de France » c'est-à-dire le refus par les tribunaux de reconnaître les dettes de cabaret, comme ils ne reconnaissent pas les dettes de jeu, renouvellent l'ordonnance du roi Jean, sur la réalité et Vingénuité du vin.

884 LE fltOAÉ 08» (IHAlll>lêf90NS

Tonte bouteille derant être de la contenance dn litre ou d*une fraction exacte dn litre et portant dans le verre renonciation de la contenance.

Une grande partie des bénéfices dont FappAt multiplie si singulièrement ces gim palace, se compose de gains illégitimes, vols sur la quantité et la qualité, et sur le crédit.

Le crédit est la source des abus les plus ruineux pour les consommateurs, les plus injustement productifs pour les marchands. L'homme qui paye im<* médiatement, qui tire de sa poche et donne de l'argent en échange de ce qu'il boit bêtement sans soif, est forcé de s'arrêter quand sa poche est vide, et de mesurer sa soif factice sur ses finances réelles et présentes.

L'homme qui boit & crédit n'a d'autre mesure que la confiance usuraire et l'espérance atide du marchand ; de plus, il n'oserait sunreiller, contrôler, discuter, réclamer la quantité et la qualitéi

Une surveillance rigoureuse sur les meeuresi sur l'identité des boisions livrées à la consommation ; la vente à crédit à peu près supprimée par le refus d'admettre en justice les dettes de ce genre, ne permettraient qu'à un certain nombre de cafés, taver^ nés, cabarets, etc., de subsister, et ceux qui subsisteraient seraient entre les mains des marchands honnêtes.

Le cabaret est la perte de l'ouvrier et de sa fa-

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mille ; il n'y absorbe pas sealement da vin frelaté et malsain I il s'y enivre des idées, des doctrines les plus folles, les plus ineptes, les plus injustes, les plus dangereuses. Chaque fois, il en sort plus bête et plus méchant qu'il n'y était entré ; les plus intelligents s'y abrutissent et deviennent fous. Au cabaret, on donne et on reçoit le mot d'ordre des prétendus et hypocrites amis du peuple, qui ne lui ont jamais procuré que la misère, la prison et les coups.

C'est ce que vient de faire, une fois de plus, M. Gambetta dans son discours aux tavemiers, — en vue des élections de 188i.

Des cafés, des cabarets, — sortent immédiatement et quotidiennement la ruine et la misère de la classe ouvrière, — et doit sortir nécessairement la ruine totale du pays et peut-être de la société. — Ce qui est déjà fortement commencé.

Jamais un orateur n'a osé soutenir une thèse aussi puérile, aussi absurde, aussi immorale, aussi cynique, aussi dangereuse

Mes lecteurs habituels et les amis éparpillés connus et inconnus qui m'ont conseillés, — et c'est tout ce que j'ai gagné à écrire, — ma franchise, mon désintéressement et mon implacable amour de la vérité, de la justice et de l'humanité, pourraient me dire, après avoir lu cet article : mais vous nous avez déjà dit tout cela. Je le sais bien, et je crains d'avoir à le dire encore bien des fois, décidé que je

suis à protester ou du moins à ne pas laisser prescrire les droits de la vérité, de l'équité et du bon sens.

P. S. — Après avoir montré son profil gauche aux « avancée >», M* Gambetta a, le lendemain, au Palais-Bourbon, naturellement et selon sa coutume, présenté son profil droit aux «conservateurs ». On assure qu'ils se sont montrés aussi satisfaits et aussi naïfs les uns que les autres.

Le moment périlleux pour l'avocat mi-partie, pour le président Janus, le moment qu'il redoute et éloigne autant qu'il le peut, c'est le moment où il faudra enfin se montrer de face.

Jusqu'à présent il joue le rôle d'une danseuse de théâtre très décolletée par en bas, qui,après avoir fait une pirouette savamment prolongée, révélatrice et incandescente pour les vieillards du côté gauche de l'orchestre, a soin de glisser de côté et d'aller faire la même pirouette également prolongée, également confidentielle et provocante devant les vieillards du côté droit.

Mais là s'arrête la similitude.

La danseuse, ses deux pirouettes exécutées, se présente résolument de face avec un sourire particulier aux danseuses et attend les applaudissements et parfois les bouquets de la droite et de la gauche. Il sera curieux de voir de quelle couleur sera le sourire

de M® Gambetla... vu de face, quand, pour adopter ses expressions au banquet des marchands de vins, « on fera une comparaison entre le bruit des paroles et la stérilité des actes. »

Quand on envisagera de face la plus ridicule dictature.

vous qui rougissez encore

Et qui sans baisser les yeux.

Quelle joie

De voir des échevins que la Râpée honore, etc.

C'est donc encore par imitation que M. Gambetta veut se faire honorer par la Râpée.

Mais combien maître Gambetta, Tami des marchands de vins, est pâle à côté de ses modèles I

Combien sa tendresse est platoni(|ue et creuse I II se contente de les plaindre, de trouver excessives les lois qui gênent le perfidus eaupo, dans les petits exercices de sa profession, tels que la Seine et le puits de sa cour passés à l'état de grands crus, et vendus au litre, à la bouteille et au <c canon », et Tadjonction de substances aussi colorantes que toxiques pour rendre au vin « sophistiqué » la force qui manque aux crus de la Seine et de la Marne et du puits.

Parlez-moi de la vraie république, de la « sainte » , et voyons ensemble comment les maîtres d'alors traitaient les marchands de vins et les cabaretiers qui avaient la chance d'être de leurs amis.

Ce ne sont plus des marques des sympathie stériles, ce sont des actes sérieux, et que je vais livrer à la méditation de MM. les marchands de vins qui

se sont montrés trop et trop tôt reconnaissants.

Le fameux Santerre, général et brasseur, avait négligé d'acquitter les droits mis sur la fabrication de * la bière, et le fisc, sans égards pour ce grand citoyen, les réclamait de lui. Ces droits, que, par une application productive de la liberté, le citoyen Santerre n'avait pas payés, s'élevaient à la somme de quarante-neuf mille six cent trois livres seize sous six deniers.

Le citoyen brasseur et maréchal de camp, sommé de s'exécuter, ne contestait pas le chiffre, mais prétendait qu'il devait en être déchargé, parce que c'était le peuple qui avait consommé la plus grande partie de la bière fabriquée par lui et qui, dans la liberté et la souveraineté, ne l'avait que peu ou pas payé.

Nos gens d'aujourd'hui se seraient contentés de gémir avec le citoyen Santerre, de déplorer la tjrrannie du fisc, le despotisme de l'infâme capital.

Allons donc I poules mouillées que vous êtes I

Yoici comment vos modèles savedent protéger leurs amis :

Extrait des registres du conseil exécutif.

— Séance du 6 ayri7 1793.

« Le ministre des contributions publiques propose au conseil de déclarer le citoyen général Santerre, déchargé des droits sur la bière fabriquée par lui

en 1789-1790 et les trois premiers mois de 17939époque où les droits sur les boissons ont été supprimés. » Le conseil a adopté les propositions faites par le ministre des contributions.

» Signé : Clavière, Lebrun, Garât, etc. »

Voilà une époque : les cabaretiers ne payent pas les droits ; le peuple boit sans payer.

Comparez et jugez.

marchands de vins naïfs qui vous êtes contentés de paroles, comprenez aujourd'hui, et comme vous le disait si plaisamment et si effrontément votre froid et égoïste ami l'avocat génois :

— Faites une comparaison entre le bruit des paroles et la stérilité des actes.

Et, pour citer encore le même orateur, l'aiderezvous, pour si peu, à fonder ce qu'il appelle lui-même « la plus ridicule dictature » ?

Et la question du divorce, quelle tiédeur I Ce pauvre M. Naquet s'y est dévoué au point d'abjurer, sur les promesses qu'on lui a faites de le seconder, de se ranger à l'opportunisme, les opinions politiques si énergiquement exprimées naguère lorsqu'il se déclarait, en pleine Assemblée, intransigeant.

Écoutez Ghaumette ( Le Moniteur^ n° 297, Histoire de la Terreur^ par M. Mortimer Ternaux), faisant connaître à de jeunes époux qu'il marie, en qualité

de président de la Commune, les bienfaits du divorce :

« Le mariage n'est plus une chaîne, c'est l'acquit d'une dette agréable ; le divorce est le dieu tutélaire de l'hymen ; il lui était réservé de remplacer, par des charmes inconnus jusqu'alors , la fatigue et le dégoût inséparables d'un lien indissoluble. La facilité rassure les âmes timides : libres de se séparer, les époux n'en seront que plus unis. »

A la bonne heure, c'est carré, cela ! comparé aux hésitations, aux atermoiements du pouvoir actuel sur cette question. Question sur laquelle, soit dit entre parenthèses, presque tout le monde se trompe, et Dumas comme.les autres, en posant mal la question. On met en présence le divorce et le mariage indissoluble, tandis qu'il faut seulement chercher quel est le mieux ou le moins mal entre le divorce et la séparation qui existe.

Et les amnistiés ?

Je sais bien qu'on les a ramenés à grands frais de Nouméa. Mais que fait-on pour eux aujour* d'hui ?

Cette infâme et bouffonne périphrase : « les victimes de nos discordes civiles i , par laquelle on désigne, non les otages, les gendarmes et les prêtres massacrés, mais les assassins, les incendiaires et les voleurs, n'est pas nouvelle.

En 1792, Simoneau, maire d'Étampes, avait été

assassiné, victime de son obstination à faire respecter la loi : « Vous pouvez me tuer, mais je mourrai à mon poste, » avait-il dit ; et on Tavait tué; les assassins, tambour en tête, avaient défilé autour de son cadavre, en criant : « Vive la nation ! »

Ge n'était que le commencement de la Terreur, on n*osa pas ne pas mettre en accusation les assassins ; un tribunal, le 22 juillet, condamna huit des accusés à la prison, deux à la peine de mort.

L^ Assemblée nationale avait décidé qu'une indemnité pécuniaire serait,à titre de don national,allouée aux enfants de Simoneau, et qu'un monument, une colonne, serait élevée à la mémoire du « magistrat mort pour la loi » ; la veuve de Simoneau refusa l'argent et le monument ne fut pas exécuté.

'Quant aux assassins, ils ne furent pas plus exécutés que le monument.

Une bande de scélérats, sous la conduite de Fournier, dit l'Américain,* les mit en liberté, et ils vinrent à Paris se présenter triomphants à la Commune. On lit dans le journal de Robespierre : ce Les malheureuses victimes de l'insurrection d'ÉtampesI (non pas le maire Simoneau, mais ses assassins) Un orateur peint avec sensibilité la position de ces infortunés. Il était réservé à l'assemblée électorale de tarir les sources de leurs larmes {textuel). »

Ei ces dames ?

Ah I ces dames I

Pour ces dames, les citoyennes tricoteuses, harangueuses et pétroleuses, que fait-on? Je sais bien qu'on a embrassé Louise Michel à son arriyée,mais encore'c'est un intransigeant, ce n'est ni M. Gambetta, ni aucun des ministres. Et peut-être qu'on ne l'a embrassée que cette fois-là.

On les laisse parler, pérorer, haranguer, déblatérer dans les assemblées de réunions ; mais, comme du premier coup elles ont atteint le sommet de la folie furieuse et du crime grotesque, comme elles ne peuvent aller au delà, comme quand ces choseslà ne vont pas de plus fort en plus fort, elles vont de plus faible en plus faible et tombent en monotonie et en ennui, ellesvont bientôt être tristement abandonnées de leurs auditeurs et réduites à imiter, dana les Plaideurs de Racine, Léandre qui dit:

Moi, Je suis... rassemblée.

366 LE RÂGNE DES GUAMPlQNONS

Il faudra que Paule Minke soit Tauditoiro de Louise Michel, qui, sa tartine débitée, descendra de la tribune où montera Paule Minke, à laquelle Louise Michel servira d'auditoire à son tour.

Nos citoyennes n'ont-elles pas le droit de se plaindre que môme leurs complices de 1871 laissent tomber en désuétude des traditions qu'elles ont, elles, si religieusement conservées ?

En 1792 et 1793 on se faisait un devoir et un plaisir de les occuper, de les amuser.

Lors du culte déclaré do la Déesie de la Raison^ on décréta que chaque semaine une nouvelle déesse paraîtrait dans chacune des églises consacrées à ce culte et aurait occasion d'offrir à l'admiration, à l'adoration des fidèles, une plus ou moins généreuse partie de ses beautés ; cela tenait en haleine et en espérance toutes celles qui avaient les moindres prétentions à la figure, aux jambes, aux cuisses et à la gorge.

Catherine Théot fondait une religion, et cette religion avait des adhérents, des sectateurs, des dévots.

L'initié devait lui donner sept baisers, deux sur le front, deux sur les joues, deux sur les tempes, un sur le menton ; — comparez cela au maigre et unique baiser de M. Rochefort à Louise Michel — et lorsque l'Assemblée, sur le rapport de Yadier, mit en accusation et la « mère de Dieu » et ses apôtres et

disciples, assez nombreux, Robespierre, qu'elle avait déclaré son messie, s'empara des pièces du procès et défendit de le continuer. Si, pour une cause quelconque, un procureur de la République faisait un procès à Louise Michel ouàPaule Minck, M. Gambetta Tarréterait-il ? M. Gazot introduirait-il un conflit ?

Robespierre d'ailleurs, qui, tout comme M. Gambetta, adorait les petits papiers et les autographes de ses adversaires, occupait une quantité de citoyennes à les lui procurer.

Une certaine baronne et madame Ghalabre,fem]|ie de l'entrepreneur des jeux, étaient à la tète de sa police, et un essaim de petites filles lui apportaient des plis cachetés même à l'Assemblée.

Je sais bien qu'on a dit quelque chose de semblable de M. Gambetta et de quelques femmes ; mais comme c'est mesquinement fait I

C'est, je crois, d'après Michelet, que Pierre Larousse raconte qu'on portait des petits Robespierre sur la poitrine, en bracelets, en cachets de montre, etc. M. Gambetta est-il passé, comme lui, à l'état de porte-veine et porte-bonheur? Je ne veux pas dire ce qu'on lui préfère aujourd'hui pour ce rôle.

Le 17 août 1790, la garnison de Nancy s'insurge ; un de ses officiers, le jeune lieutenant Desilles, veut en vain s'opposer à l'attaque que ses soldats vont faire des troupes royales envoyées par l'Assemblée et commandées par M. de Bouille: « Ne tirez pas.

dit-il, ce sont nos amis, ce sont nos frères. » 11 se met devant la bouche d'un canon chargé à mitraille, que ses soldats ont amené et vont tirer, et s'y cramponne ; on l'en arrache ; il va s'asseoir sur la lumière : on massacre l'héroïque jeune homme.

Au premier moment^tout le monde est saisi d'une légitime admiration. Nancy et sa ville natale célèbrent pieusement ses obsèques en grande pompe, l'évèque de Ncuicy prononce son oraison funèbre et lui applique justement ce verbe de Macchabée :

« Un homme, citoyen dévoué, préfère la mort à la honte d'obéir aux méchants. »

Une pièce jouée à Paris « le Tombeau de Desilles » pendant une grande quantité de représentations attire la foule et les frénétiques.

Mais dix-huit mois plus tard, une révolution se fait dans les esprits ; c'est Desilles qui a eu tort, et les assassins qui ont été sublimes. Les quarante soldats suisses, que leurs propres officiers suisses avaient condamnés aux galères, deviennent d'héroïques martyrs du despotisme.

Les héroïques victimes de Nancy, ce ne sont ni Desilles, ni les quarante ofBciers et les quatre cents soldats tués par les révoltés. Une amnistie est prononcée, le comédien sifûé, CoUot-d'Herbois, se déclare leur protecteur. Une pièce de Dorvigny, « le Suisse de Châteauvieux », pour gloriOer l'insurrection de Nancy et le meurtre de Desilles, a le même

succès qu'avait eu celle qui célébrait sa mémoire. Une fête nationale est décrétée ; les quarante soldats délivrés y paraissent sous la conduite de GoUot-d'Herbois; on porte derrière eux, en trophée triomphal, leurs chaînes, leurs vestes et leurs bonnets de galériens.

Vous voyez que nos révolutionnaires d'aujour- . d*huine sont pas non plus les inventeurs des galères comme titre de gloire.

Roucher, le poè^te des ilfoi5,désigné pour faire partie du cortège, répond : «^ Oui, mais à condition que le buste de Desiiies soit sur le char au milieu de ses assassins. »

Eh bien,là il y eut quelque chose de très joli pour les citoyennes.

La ville de Paris était représentée par une citoyenne peu vêtue, allant sur un char au devant de la ville de Brest, également peu vêtue, qui lui ramenait les galériens. Les deux femmes s'embrassaient, et la ville de Brest, les quarante soldats et GoUot-d'Herbois montaient sur le char triomphal qui représentait une galère. Autour de cette galère « s'enroulaient comme une couronne de fleurs (je cite textuellement Tallien) les quarante vierges que ledit Tallien avait choisies et garanties ».

La Liberté y figurait aussi, tenant à la main une massue. A la bonne heure, c'étedt franc I

Au 10 août, Théroigne eut un plaisir que solliciteraient peut-être en vain, du moins jusqu'à nouvel

ordre, nos] tricoteuses, harangueuses et pétroleuses d'aujourd'hui.

Elle vit dans la foule Suleau qui, dans son journal, Les Actes des Apôtres^ 8*était permis de se moquer vivement d'elle ; elle le prit au collet et le livra à la foule^qui le massacra.

Je le demande encore aux hommes qui aujourd'hui sont juchés au pouvoir, que fedtes-vous pour les citoyennes ? elles s'ennuient et ne vous le pardonneront pas.

En est-il un de vous qui imite le député Manuel, qui deinanda que Théroigne assistât aux séances, à côté du président?

Quelqu'un de leurs complices a-t-il pensé seulement à leur faire réserver à la Chambre des députés et au Sénat une tribune où elles puissent apporter leur chaufferette et leur tricot, se mêler aux délibérations par leurs murmures et leurs vociférations, et les influencer quelquefois ?

C'est ce que faisaient vos ancêtres et modèles pour les ancêtres et modèles de nos tricoteuses, harangueuses et pétroleuses.

fils indignes de leurs pères, copistes sans conscience, plagiaires sans tempérament I

Et à ces déjeuners de Satory, qu'inaugure, dit-on, M. te président de l'Assemblée, pense-t-on seulement à inviter Louise Michel, Paule Minke ?

Pas même mademoiselle Hubertine Auclerc qui

est jeune et jolie, et dont la présence ne pourrait qu'être agréable aux convives mâles, mais qui, je Tespère, va trouver un de ces jours, quelque brave garçon qui Tépousera, la retirera des « citoyennes i» et lui apprendra la \raie destinée, les vrais devoirs, les vrais droits, et le vrai bonheur de la femme.

Non, vous ne faites rien, ô les juchés, ô les satisfaits, ô les repus I Vous excitez, vous flagornez ces pauvres femmes aux jours de la lutte, de la bataille et du danger, parce qu'elles sont plus braves que vous, et une foia arrivés, en partie gràceàelles, vous les abandonnez à leur éloquence, bientôt solitaire, et à Tennui, qui seul tue les femmes,

Yoas les abandonnez^ et, chose plus grave, vous les « négligez », après qu'elles se sont laissé glisser dans la déplorable situation de n'être plus des femmes que pour vous autres.

C'est plus dangereux que vous n'avez l'air de le comprendre.

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