II. — Géologie générale
La Géologie s'occupe de la configuration détaillée de la surface de la Terre, de la description des matériaux qui la composent, de celle des phénomènes qui s'y passent de nos jours et qui s'y sont passés depuis le commencement de son existence comme Masse isolée dans l'Espace. Elle fournit les indications qui peuvent seules conduire, soit à des recherches certaines et fructueuses des richesses minérales contenues dans le seio de la Terre , soit à leur extraction et à leur aménagement.
La Terre n'est pas un globe parfait, mais
LE RÊONE MINÉRAL 27
un sphécoïde aplati vers les pôles et renflé à l'équateur, dont les principales dimensions sont :
Différence 10 kîloro.
Diamètre polaire 12,733 kilom.
Diamètre équatoriat 12,754
Différence 22 kilom.
Cette dernière différence constitue l'aplatissement des pôles qui est de 1/299, insensible à l'œil puisqu'elle ne serait que de 3 millimètres 3 pour une sphère de 1 mètre .
de diamètre.
La densité ou pesanteur relative moyenne, recherchée à l'aide des observations astronomiques et de la déviation du fil à plomb dans le voisinage des montagnes, a été trouvée cinq fois celle do l'eau. — Toutes les matières principales qui forment les parties de la terre qui nous sont abordables ont une densité variant entre 2 et 3. Il n'y a que
28 LE RÈGNE MIKÉRAf.
les métaux et leurs composés dont la densité atteigne et dépasse celle de la Terre. On peut donc affirmer que les entrailles de celle-ci recèlent des éléments métalliques en bien plus grande quantité que les parties superficielles.
Relativement au magnétisme terrestre, disons seulement que si l'aiguille aimantée a une direction dans chaque point de la surface de la Terre, c'est parce que celle-ci jouit de propriétés magnétiques qui en font un véritable aimant ou barreau aimanté avant ' des pâles attractifs dans les régions polaires, Les variations séculaires que l'on constate depuis 1576, seraient expliquées par la supposition d'un noyau ferrugineux magnétique emporté un peu moins' rapidement que l'écorce extérieure dans le mouvement de rotation de la Terre autour de son axe et de ses pôles.
On appelle température moyenne d'un lieu celle que l'on obtient en s'enfonçant dans le sol suffisamment pour être à l'abri
des variations atmosphériques du jour, de la nuit et des saisons. Au niveau de la mer, 1 mètre suffit à l'équateur, 10 mètres dans les régions tempérées, 50 mètres, dans les régions polaires ; à mesure que l'on s'élève sur les montagnes la couche invariable se trouve plus profondément. Cette température moyenne est de 27 degrés à l'équateur, de 13 degrés à Bordeaux par 45 degrés de latitude, au-dessous de zéro dans les régions* polaires où le sol ne dégèle jamais à quelque profondeur.
Partout la température augmente lorsqu'on pénètre plus profondément dans le sol, ainsi que cela a été constaté pour la première fois par Gensanne, dans les Vosges, et étudié ensuite par L. Cordier et d'autres, soit dans les mines profondes, soit dans les sondages artésiens. Voici quelques-uns des principaux résultats ; la dernière colonne indique l'approfondissement nécessaire pour un accroissement de un degré; il est en moyenne de 1" par 30 mètres.
Saie 380- 18» 7 8"0
Coinouailles 4SI 24 2 10 Mexique 533 36 8 10
Arcachon 126 16,6 13,0 3,6 35,0
Grenelle 547 27,7 11,7 16,0 32,4
Bochefort' 816 41,5 12,7 28.8 28,4
Dans diverses localités, des sources plus chaudes jaillissent naturellement, de profondeurs plus grandes sans contredit : à 59° à Bagnères de Bigorre, à 61* à Dax, à 80" à Chaudesaygues dans le Cantal, à 100" aux Geysersde l'Islande .
Enfin dans toutes les parties de la Terre, sur plusieurs centaines de points, se" trouvent des orifices par lesquels s'écoulent d'une façon intermittente des matières pierreuses en fusion à la température rouge, venant de l'intérieur de la Terre : ce sont les volcans • et leurs laves.
LE RÈGNE M1BÉRAL 31
Les géologues ont été pendant longtemps partagés en deux camps, Neptuniens et Plutoniens, sur la question de savoir si la Terre avait été primitivement fluide par l'action de l'eau ou par celle de la chaleur. Depuis la constatation et la discussion de ces faits ils n'hésitent plus; ils admettent maintenant que la Terre a été anciennement un globe de matière fondue qui s'est refroidi graduellement, parce qu'il circule dans l'espace froid, au point que les parties superficielles se sont consolidées jusqu'à une profondeur évaluée au plus à une centaine de kilomètres.
i La Terre tourne sur elle-même de l'ouest à l'est en 23 h 56' 40 " ; la vitesse de rotation de la surface atteint son maximum àl'équateur où elle est de 461"9 par seconde, plus grande que celle du son dans l'air qui n'est que de 331°v les 9/10 de la vitesse maximum d'un boulet de 12 kilog. qui peut atteindre 519 mètres.
Comme toutes les autres planètes, la Terre tourne autour du Soleil de l'ouest à l'est,
82 LE RÊGNB MINÉRAL
dans une orbite elliptique dont Le Soleil occupe un des foyers et dont les dimensions sont les suivantes :
Grand aie 311,1)00,000 kilo m.
Petit aie 301,000,000
Excentricité 10,000,000, ou 1/30* -
La durée de la révolution est de 365 jours { 1/ 4 ou l'année. La vitesse de translation !
dans l'orbite n'est pas uniforme; elle est ac- j célérée dans le voisinage du Soleil et ralen- ' lie dans l'éloîgnement; la vitesse moyenne est de 30 kilom. 8, par seconde; 60 fois celle d'un boulet de 12 kilog.
Les astronomes ont démontré que la forme ' sphéroïdale de laTerreet son aplatissement polaire sont ceux que prendrait une masse fluide ayant même volume, même densité et même vitesse de rotation.
La Terre envisagée d'une manière générale se compose de trois parties : une masse formée d'un noyau central çlus ou moins fluide, enveloppé par l'écorce terrestre so-
lide, dans laquelle se passent les phéno- . mènes ignés; une enveloppe incomplète, aqueuse (mers, lacs, fleuves, etc.,) qui est le siège des phénomènes aqueux;, enfin une enveloppe complète gazeuse (atmosphère) dans laquelle se passent les phénomènes aériens.
Un quart de la surface de la Terre est occupé par les terres découvertes et les trois autres quarts par les mers.
Le sol terrestre présente un relief trèsaccidenté dans lequel on distingue des plaines, des plateaux et des montagnes, sillonnés par des vallées qui aboutissent, soit au bassin des mers, soit à des dépressions sans issues situées dans l'intérieur des continents, comme le bassin de la mer Morte en Palestine. Les pentes de raccordement sont souvent très-rapides et même verticales. Le sol sous-marin présente aussi de grandes inégalités, mais les pentes sont beaucoup plus douces. Voici l'élévation de quelques-
uns des points culminants de la Terre (1).
Le mont Etna (Sicile: 3,2.17 m.
La Maladetta (Pyrénées) 3,401
Le Mont-Blanc (Alpes) 4,81(1
Le Gaurisankar, Himalaya (Asie) 8,810
En générât ou se fait des idées extrêmement fausses sur les reliefs terrestres, que l'on suppose toujours infiniment plus élevés qu'ils ne le sont réellement, par rapport aux distances horizontales. On ne peut en donner une idée exacte qu'à l'aide de profils en proportions réelles qui montrent alors quelles faibles saillies font réellement audessus de l'océan, la chaîne des Pyrénées, le plateau du centre delà France et surtout la plaine de Gascogne. Il est bon aussi dans ces profils de tenir compte de la courbure de la surface de la Terre qui ne permet déjà plus à des montagnes de 4000 mètres de paraître au-dessus de l'horizon, lorsqu'elles
(1) (Juant
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5,000 m. di
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sont à une distance de 235 kilomètres (les Pyrénées sont au-dessous de l'horizon pour Bordeaux). Des profils maritimes sont aussi indispensables pour faire juger du peu de profondeur de l'océan Atlantique jusqu'à d'assez grandes distances du continent.
Mais les parties superficielles de la Terre ne sont pas dans un état de stabilité parfaite ; elles sont soumises à des actions qui la modifient d'une manière plus ou moins considérable en donnant lieu à trois ordres de phénomènes ;
Les phénomènes aériens comprenant la désagrégation et la décomposition des roches sur place ; le transport des poussières et des cendres volcaniques parles vents jusqu'à de très-grandes distances ; enfin le déplacement lent, mais incessant, des sables des déserts qui peuvent ensevelir des caravanes, desarméesmême, comme celle deCambyse, et aussi celui du sable des plages maritimes qui arrivent à former des dunes, de 80 à 90"
de hauteur, comme sur le bord du golfe de
Gascogne.
Les phénomènes aqueux comprenant les dégradations pluviales ; les dépôts des sources froides ou thermales, le plus souvent à l'état de tufs calcaires ; la production dans les torrents, les rivières et les fleuves, de cailloux, de sables et de vases qui vont se déposer dans les marais, les lacs d'eau douce, les mers intérieures, les océans, surtout au débouché de ces divers cours d'eau, où la terre s'accroît ainsi sous forme de deltas. Il y a encore la production de la tourbe dans les lieux marécageux, celle des dépôts de ' , combustibles dans le sein des eaux, les phénomènes spéciaux dus à l'existence des glaciers dans les hauts vallons des montagnes et des glaces flottantes dans les régions polaires.
Les phénomènes ignés comprenant tous ceux dans lesquels intervient l'action de la chaleur. Depuis les volcans, avec leurs projections de cendres et de scories et leurs cou-
lées de laves scoriacées ou compactes, jusqu'aux simples tremblements de terre et aux déplacements lents de diverses parties de la surface du globe, se traduisant par un abaissement de la côte occidentale du Groenland et de l'extrémité méridionale de la Suède, et une élévation de la côte au fond
I du golfe de Bothnie.
^ Aujourd'hui il se fait simultanément à la surface du globe, des formations nepttuniennes dans les eaux et des formations plutoniennes, surtout par les orifices volcaniques. Il en a été de même dans tous les temps depuis que l'abaissement de la température primitive a permis l'existence des
•' mers à la surface du globe; aussi les matériaux ou roches produits à chaque époque
F peuvent-ils être divisés en deux catégories
| contemporaines bien distinctes :
. Les roches d'origine aqueuse ou ignée,
couches généralement peu inclinées, régulières et continues ; mais souvent elles ont été dérangées par des bouleversements postérieurs. Lear âge relatif s'établit par la superposition, les' plus supérieures étant les plus récentes. Les roches ignées sont massives sans stratification régulière ; elles forment de grands amas, des coulées d'épaisseur très-inégale, et des filons dirigés en tous sens ; leur âge peut s'établir par celui des roches neptuniennes qu'elles tra-
Les parties superficielles de la Terre que nous pouvons seules explorer, sont formées par des matériaux auxquels on donne le nom de roches lorsqu'ils jouent un rôle important. Celles-ci sont tantôt simples, c'està-dire formées par une seule espèce minérale, comme le grès à paver, le calcaire à faire de la chaux ; tantôt composées parla réunion de plusieurs minéraux, comme le granité, le porphyre. Comme un petit nombre de ceuxci s'associent pour former les dernières, leur ,
nombre n'est pas aussi grand qu'on pourrait le craindre.
Les roches peuvent être étudiées au triple point de vue : de leur nature minérale, qui donne les roches argileuses, calcaires, granitiques, etc ; de leur origine, qui donne les formations d'eau douce, marines, ignées; de leur âge relatif, qui donne les terrains, qui se distinguent par leur superposition et les fossiles ou restes de corps organisés spéciaux qu'ils renferment.
On appelle fossiles tout reste laissé par un être vivant dans les dépôts qui se formaient au moment de son existence, que ce reste soit l'être plus ou moins entier, un simple fragment, ou seulement une trace laissée par lui après sa mort ou même de son vivant. Un chien marchant sur un sol argileux, laisse une piste qui peut devenir fossile ; il y a des êtres qui ne sont pas con- ■ nus autrement {Ornithichniles, Cheirotherium.) Les végétaux et les animaux passés à l'état
4U LE RÈÛNR MINÉRAL
fossile ont changé plus ou moins de nature; les parties molles ont disparu tin se sont transformées en matières charbonneuses et bitumineuses, comme les végétaux et les poissons des couches houillères ; quelquefois elles sont remplacées par du silex. Les ' parties dures, os, coquilles, polypiers ont ; mieux résisté ; mais parfois aussi elles sont infiltrées de divers minéraux : calcaire , silex, sulfure de fer.
Pendant longtemps les idées les plus sin- . gulières, les plus fausses, eurent cours à l'égard de ces restes des êtres appartenant aux anciennes créations ; on les regardait comme de simples jeux ou ébauches de la nature qui n'avaient point eu vie. « Mais, dit Fontenelle, un potier de terre, qui ne savait ni latin ni grec, fut le premier qui osa dire dans Paris (en 1575) à la face de tous les docteurs, que les coquilles fossiles étalent de véritables coquilles déposées autrefois par la mer dans les ■ lieux où elle se trouvait alors ; que des animaux et surtout des poissons avaient donné
LB HÈGNE MINÉRAL 41
aux pierres figurées toutes leurs différentes figures, etc., et il défia hardiment toute l'école d'Aristote d'attaquer ses preuves. C'est Bernard Palissy, saintongeois , aussi grand physicien que la nature seule puisse en former un; cependant son système a dormi près de cent ans, et le nom même de l'auteur est presque mort »
Il y a un ou -deux siècles à peine, le sol était un sujet d'études encore inconnu des naturalistes et même des voyageurs; il semblait qu'il n'existât pas; on ne recueillait et on n'examinait que les matières utiles ou remarquables par leurs apparences extérieures. Ses deux grands naturalistes dont » le nom domine le xvin* siècle, Linné ne poussa pas ses investigations au-delà de la minéralogie, encore dans l'enfance par suite de l'absence des connaissances chimiques, et Buffon n'étudia guère le règne minéral ■-> que pour y chercher des preuves à l'appui de sa théorie de la terre.
- Géologie d« la Fmnoe.
Mais il était réservé à un jeune homme de 31 ans de poser les véritables bases de la géologie. Guettard,en 1746, lut à l'Académie des sciences à Paris, un travail des plus remarquables intitulé Mémoire et Carte mtnéralogigues sur la nature et la situation des terrains qui traversent la France et f Angleterre. « Je me suis proposé, dit-il, de faire voir par cette carte qu'il y a une certaine régularité dans la distribution qui a été faîte des pierres, des métaux et de la plupart des autres fossiles ; on ne trouve pas indifféremment dans toutes sortes de pays telle ou telle pierre, tel ou tel métal-; mais il y a de ces pays où il est entièrement impossible de trouver des carrières ou des mines de oes pierres ou de ces métaus, tan- , dis qu'elles son t-très- fréquentas dans d'autres, et que, s'il ne s'y en trouvait pas, on
aurait plus sujet d'espérer d'y en rencontrer qu'autre part, »
Guettard ne paraît pas avoir songé alors à rechercher l'âge relatif des différents terrains qu'il avait reconnus. Plus tard il fut chargé par Louis XV d'établir la carte minéralogique de la France, et de nombreuses explorations furent faites, tant par lui que par Lavoisier et Monnet . Il fut le premier qui montra qu'on pouvait faire connaître la 'minéralogie d'un pays sur des cartes , au moyen de caractères ou signes placés de distance en distance; mais il ne réalisa pas son idée première d'une portée si immense, qui avait été méconnue de ses contemporains et qui fut même tournée en dérision par son second collaborateur en 1780.
Trois années après, le capitaine Barrai publiait la première carte géologique véritable, celle de la Corse, sur laquelle les terrains dénature et d'âge relatifs analogues sont indiqués par des couleurs spéciales.
A.. Brongniart et Cuvier donnèrent en 1810
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celle des environs de Paris accompagnée de coupes, à l'aide desquelles les géologues mettent en évidence la position relative, dans le sens vertical, des différentes roches que renferme nne contrée. Celle-ci a été le point de départ d'une multitude de travaux du même genre ; mais ce ne fut qu'en 1822, que M. d'Omalius d'Halloy donna un premier essai de carte de la France entière.
Cette même année fut décidée l'exécution d'une carte géologique de France à plus ' grande échelle, à laquelle se mirent dès 1825 MM. Dufrénoy et Elie de Beaumont ; c'est celle de plus de 2 mètres de côté qui a été publiée en 1841.
La France, dont la forme approche beaucoup d'un pentagone régulier, se divise en uncertain nombre de régions naturelles qui se distinguent les unes des autres par des caractères extérieurs bien tranchés, et qui sont constituées chacune par un terrain particulier ou par un groupe de terrains, savoir :
LE RÈGNE MISERAI 4
| Granitiques lfc eg
I Calcaire. ■ Jura.
/ ... IPlaleau central.
Gram iques Bretagn , Jet Bcbwteuse..| ATde «' Ile
Calcaires.
-denne. >
Lorraine et Bourg.
i Provence.
IjERUcdûC. '
INeustrie.
Limagnn.
La France possède dans son sol des représentants de tous les terrains et de toutes leurs subdivisions qui ont été reconnues par les études faites dans les diverses parties de l'Europe et aussi aux États-Unis, vaste contrée également bien explorée.
On s'accorde généralement à les répartir en cinq groupes :
Terrains d'alluvion, Roches volcaniques mu-
Terrains tertiaires, Roches volcaniques an-
Terrains secondaires. Dioritea, serpentines.
Terrains de transition, Roches porpbyriques.
Terrains primitifs, Roches granitiques.
Ces cinq groupes comprennent chacun deux séries correspondantes de formations aqueuses et ignées, ainsi superposées :
Les terrains primitifs sont le résultat d'une première consolidation des parties superficielles du globe terrestre, par suite du refroidissement; ils sont formés par des roches cristallines stratifiées appelées surtout gneiss, micaschiste et talschiste, dont les assises sont presque toujours fortement bouleversées ;ils renferment quelquefois du calcaire à l'état de marbre grenu, et des minerais de fer; on n'y a jamais rencontré de restes d'êtres ayant vécu.
Les roches ignées contemporaines, qui ont fait éruption au travers, sont principalement les granités, qui sont si employés au dallage. dans les villes, surtout ceux des côtes de Bretagne. La terre à porcelaine, qui résulte de la décomposition d'une certaine sorte, n'existe que dans les environs de Limoges et de Bayonne. Il y aaussi dès-filons
LE RËONE MINÉRAL ' 47
de quartz renfermant de la baryte, du plomb, de l'argent, de l'or.
Ce groupe forme presque en entier le Plateau central, et des massifs plus ou moins étendus, en Bretagne, dans les Pyrénées, la Provence, les Alpes et les Vosges.
Les terrains de transition résultent du dépôt des plus anciennes matières sédimentaires ; par suite de modifications dues principalement à l'action de la chaleur centrale, les argiles se présentent aujourd'hui à l'état de schistes, les sables à l'état de grès et de grauwackes, les calcaires à l'état de marbres, souvent colorés en noir; entre Angers et Nantes il y a des assises de houille. sèche exploitée. Les strates sont habituellement très- bouleversés et contournés. Les dépôts formés dans les eaux marines renferment un très-grand nombre de fossiles parmi lesquels les plus caractéristiques sont les spirifères et les ortkocères, parmi les mollusques, et les trilobites. parmi les articulés.
TrllobiL».
La partie supérieure est formée par les
schistes et grès houillers dans lesquels la houille forme des couches d'une épaisseur généralement inférieure à 1 mètre, mais parfois beaucoup plus considérable. Les empreintes végétales, surtout de fougères, abondent; on y rencontre aussi des poissons.
Les principaux dépôts houillers sont ceux de Valenciennes, de la Sarre, d'Autun, de Saint-Etienne, d'AIais et d'Aubin; le premier fait suite aux terrains de transition, plus anciens ; mais les suivants et beaucoup d'autres plus petits sont répandus à la surface des terrains primitifs et ont été formés dans des lacs d'eau douce.
Les roches ignées consistent en- porphyres rouges ou bruns, épanchés surtout dans la partie orientale du Plateau central, entre devers et Lyon .
Ce groupe forme l'Ardenneet la Bretagne, et flanque sur divers points les massifs précédents de terrains primitifs ; il a ainsi contribué à étendre les îlots que ceux-ci ont formé dans les premières mers.
Les terrains secondaires ont comblé les détroits qui séparaient les îlots précédents, et ont fini par se déposer dans de grands bassins isolés dont les principaux ont été ceux du nord de la France (Paris) et de la Belgique, du sud-ouest (Bordeaux), et du sud-est (Rhône). Ce sont toujours de grandes assises alternatives, argileuses, sableuses et calcaires, souvent colorées en brunâtre ou en jaune, mais dont les caractères primitifs ont été moins altérés, et la stratification moins dérangée. Cest à diverses hauteurs, que sont exploités les assises de sel gemme de la Lorraine et de la Franche-Comté et aussi de Bayonne, les minerais de fer de la Lorraine et de la Bretagne et auasi de la Champagne. C'est .dans la partie moyenne qu'a été foré le puits artésien de Rochefort à 850 mètres; celui de Grenelle à Paris l'a été à 547 mètres dans la partie la plus supérieure. Les fossiles sont extrêmement nombreux et les plus caractéristiques parmi les mollusques sont les ammonites et les
LE HÈONE MINÉRAL. 5!
bélemnites; parmi les reptiles les plus curieux sont les ichthyosaures , les plésiosaures et surtout les ptérodactyles qui volaient à la manière des chauves-souris.
Les roches ignées contemporaines sont les iiorites, les ophites et les serpentines qui ont
52 LE RÈGNE HfNÉRAL
percé surtout dans les Pyrénées et les Alpes.
Les terrains secondaires forment une large zone qui entoure le Plateau central, et le relie à la Bretagne et aux Vosges. Ilsforment entièrement le Jura , où ils sont très-bouleversés; ils entrent aussi dans la composition des Pyrénées et des Alpes où, par suite d'altérations postérieures, leur faciès est celui des terrains de transition, et où les calcaires donnent souvent des marbres.
Les terrains tertiaires sont composés à peu près comme les précédents, et leurs calcaires affectent habituellement .des teintes blanchâtres ; ils se sont déposés dans les bassins qui avaient été précédemment préparés et qu'ils ont achevé de combler. Ils sont- assez peu dérangés pourquel'on puisse admettre qu'ils ont été émergés par suite d'un exhaussement général de la contrée. Ce sont eux qui forment les parties centrales des grandes plaines de la Neustrie ou bassin de Paris, de l'Aquitaine ou bassin de Bordeaux
de la Bresse ou bassin de Lyon, de la Lima*
gne d'Auvergne et de l'Alsace.
Dans certains de ces bassins les eaux n'ont pas toujours été salées et ont été remplacées par des eaux douces; en Neustrie, c'est à diverses reprises; en Aquitaine, c'est dans la partie Toulousaine. La Limagne, la Bresse et l'Alsace n'ont jamais été envahies par la mer et les dépôts y sont exclusivement lacustres.
C'est dans leurs différents étages que l'on prend les calcaires grossiers employés dans les constructions de Bordeaux et de Paris, les argiles à brique de Toulouse, la pierre donnant le plâtre qui joue un rôle si important daus les habitations parisiennes et de tant d'autres lieux. Ce sont encore ces terrains qui fournissent les pierres à meules de la Ferté en Brie, exportées jusqu'en Amérique, celles de la Dordogne, les minerais de fer des Landes, du Périgord, du Nivernais et du Berry. Hors de France ils renferment les
argiles qui donnent la brique dont Londres est bâtie, le vaste dépôt de selgemmede Wieliska en Pologne, reconnu et exploité sur plus de 200 m d'épaisseur. C'est dans ces terrains qu'ont été tentés tous les sondages artésiens du sud-ouest : de Toulouse à 134™, d'Agen à 1 18™, de Bordeaux à 200°, d' Arcachon à 126°, etc., et en ce moment celui de Solférino. Beaucoup de sondages d'une centaine de mètres en moyenne y ont réussi dans le bassin de Paris. Les fossiles sont très-abondants; parmi lesmollusquescaractéristiques, on peut citer pour les dépôts marins, les Cythérées, les Bucardes, les Cérithes et les Pleurotomes ; pour les dépôts lacustres, les Limnées, Planorbes et Hélices. Lesmammîlëres sont caractéristiques et parmi eux on doit citer les Paléothérium , voisins des tapirs, et le Dtnothérium dont les défenses semblaient sortir du menton ,
•C,oo 3 k
Les roches ignées de cette période forment surtout les grands massifs volcaniques anciens, plus ou moins démantelés, situés sur le Plateau central, savoir :1e Cantal, le Mont- Dore, le Puy-de-Dôme, le Mezenc et les monts d'Aubrac.
56 LE RÈGNE MISÉKâL
Les terrains d' Alluvionsont surtout formés par les dépôts sableux et caillouteux qui garnissent le fond et les flancs des grandes vallées; on y rattache les dépôts limoneux d'une moindre épaisseur, qui presque partout forment l'es terres végétales, et aussi les dépôts des grottes . On y rencontre assez fréq uemment des ossements de grands animaux analogues à ceux qui viventaujourd'hui dans les régions chaudes. Eléphants, rhinocéros, hippopotames, ou de grands carnassiers voisins du lion, du tigre, de l'ours. Il y a aussi un animal très-voisin du renne de la Laponie. C'est à ces terrains qu'appartiennent les dépôts si riches en or et en pierres précieuses du Brésil, de la Californie, de l'Australie, de la Sibérie, etc. Dans les parties récentes on trouve des restes de l'industrie humaine, notamment des haches en silex.
Hiche en b!1bï (Anrinn).
58 LE RÈÛME MINÉRAL
On admet que ces dépôts ont été occasionnés par une grande inondation diluvienne, à laquelle sont postérieurs les cônes volcani- ques de petites dimensions, qui sont si abondamment répandus dans les départements du Puy-de-Dôme et de la Haute-Loire. ,