‹ Le Rein Des DiabétiquesChapitre 41 sur 103 · ASPECT MICROSCOPIQUE · texte numérisé non relu

ASPECT MICROSCOPIQUE

A. — Lésions non spéciales au diabète.

a) En dehors du Coma. — Ce qui frappe immédiatement en examinant les préparations microspcopiques des reins des diabétiques que le professeur Rathery eut la grande bonté de nous interpréter, c’est la fréquence des lésions de sclérose rénale, tant glomérulaires qu'interstitielles.

En effet, tant chez les diabétiques simples que chez les diabétiques consomptifs, dont un grand nombre ne présentaient pas le moindre trouble du fonctionnement rénal décelable cliniquement, on trouve des lésions de néphrite chronique indiscutable, et ceci montre qu'il n’est guère possible de se baser sur l’anatomie pathologique pour établir une classification des néphrites ayant une importance pratique.

Sur les 22 préparations se rapportant à des diabétiques morts en dehors du coma, que nous avons eu sous les yeux, seuls trois ont des reins d’apparence normale.

Les 19 autres présentaient des altérations, plus ou moins accentuées d’ailleurs.

Il s’agit habituellement d’une selérose diffuse du rein. Les lésions portent aussi fréquemment sur les glomérules que sur le tissu intertubulaire et interglomérulaire.

Ces lésions vont de la simple sclérose avec quelques placards de tissu conjonctif enserrant certains tubes, jusqu’à l’aspect typique de la néphrite chronique avec ses glomérules en pain à cacheter et son tissu conjonctif serré envahissant presque tous les espaces intertubulaires. La sclérose périartérielle est également fréquente.

Quant aux tubes contournés, leur atteinte propre est beaucoup moins fréquente.

Nous n’avons observé des lésions de néphrite aiguë que dans 4 cas sur les 22 observés.

Ainsi les altérations habituelles de néphrite chronique se voient fréquemment chez les diabétiques, maïs il ne faut pas

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oublier que les diabétiques dont nous avons fait l’autopsie n'étaient point que des diabétiques. Presque tous présentaient d’autres affections, peut-être favorisées par le diabète d’ailleurs, mais qui n’en ont pas moins joué un rôle personnel important dans l’évolution fatale.

C’est ainsi que 7 ont présenté des gangrènes de type de siège et d'évolution variables, 6 étaient des tuberculeux pulmonaires; on sait que ces deux affections sont très capables de retentir sur le rein pour leur propre compte.

Et par exemple l’aspect du rein de l’autopsie XV ressemble tout à fait à celui d’un rein de néphrite tuberculeuse, alors qu'il n’est pas étonnant que Fautopsie I nous montre des lésions de périartérite rénale intense, puisque cette malade est morte de gangrène par artérite.

Les infections intercurrentes peuvent également jouer leur rôle.

Aussi nous montrerons-nous prudent dans l'interprétation de la fréquence de ces lésions de néphrite chronique chez les diabétiques et nous bornerons-nous à constater le fait, qui lui, est indiscutable.

b) Les reins des diabétiques morts de coma. — Nos 8 dernières autopsies concernent des diabétiques morts après un coma diabétique.

Notons tout de suite que les lésions de néphrite chronique ne-sont pas plus fréquentes qu’en dehors du coma, et qu’elles ne sont pas constantes, puisque dans deux cas indiscutables (XXV et XXVI) on ne trouva aucune trace de sclérose.

Quant à l’existence de néphrite aigue avec lésion des tubes contournés, il semble bien qu’elle ait existé dans deux cas (XXII et XXX) qui présentèrent tous deux une note rénale importante au cours de l’évolution de leur coma diabétique. Nous verrons l'intérêt que présente cette constatation quand nous étudierons le rôle et l’état du rein dans le coma diabétique.

B. — Lésions spéciales du diabète.

Pour bien être sûr de retrouver ces lésions dont tous les traités classiques font mention, nous nous sommes reportés

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