ALBUMINURIE
L'albuminurie des diabétiques est une des manifestations rénales des plus anciennement et des plus fréquemment étudiées. | |
Bien longtemps en effet elle apparut, d’une part comme la manifestation la plus propre à mettre en évidence une lésion rénale, et d’autre part comme étant le plus précoce des signes de cette lésion.
Sa fréquence est très différemment interprétée suivant les auteurs. R. Lépine l’a constatée seulement chez 8 à 10 p. 100 des diabétiques.
Garrod dans 10 p. 100.
Von Noorden dans 21,5 p. 100.
Bouchard dans 43 p. 100 ;
Talamon dans 50 p. 100 ;
Schmitz dans 68 p. 100.
Et Kultz dans 79 p. 100, mais ce dernier auteur a procédé à des dosages minutieux (qui décelaient souvent des traces infimes sans aucun intérêt clinique).
Beaucoup d'auteurs ont signalé qu’elle était plus fréquente dans les diabètes légers que dans les diabètes graves.
Quant à nous, nous l’avons recherchée chez 531 diabétiques.
Sur 341 diabétiques simples, nous l’avons trouvée chez 45 d’entre eux, soit une proportion de 13,5 p. 100.
Sur 190 diabétiques consomptifs, nous l’avons trouvée chez 8 seulement d’entre eux, soit 4 p. 100.
Et pour les 551, 53, soit un peu plus de 10 p. 100.
D'autre part, cette statistique montre de façon nette que l’albuminurie est trois fois plus fréquente chez le diabétique simple que chez le diabétique consomptif, ceux que nous avons étudiés, étant d’ailleurs traités par l'insuline.
Les rapports de l’albuminurie avec le diabète ont été l’objet des préoccupations des anciens auteurs et surtout de l’école lyonnaise : Teissier et Salles ont ainsi décrit 3 éventualités possibles.