‹ Le Rein Des DiabétiquesChapitre 59 sur 103 · A PR · texte numérisé non relu

A PR

1° L’albuminurie alternante augmentant par le régime carné alors que diminue la glycosurie et diminuant par le régime riche en hydrate de carbone alors qu'augmente la glycosurie.

20 L’albuminurie concomitante évoluant parallèlement à la glycosurie, quel que soit le régime employé.

30 L’albuminurie substitutive apparaissant au moment où disparaît la glycosurie.

De ces éventualités

La première se comprend aisément et comprend la grande majorité des albuminuries des diabétiques, car les deux affections comportent évidemment un régime diamétralement opposé.

La deuxième-éventualité est beaucoup plus rare.

Quant à la troisième, de beaucoup la plus intéressante, elle semble dans un grand nombre de cas s'expliquer par le fait que le rein est devenu imperméable au glucose à cause d’une lésion rénale que révèle l’albuminurie.

Ce n’était pas l'opinion de Salles qui, ne faisant pas mention de la glycémie, disait d’une phrase imagée que « dans ces cas la néphrite met le diabète à la porte ». Mais ultérieurement de nombreux auteurs, en particulier Delore, puis Savy, Delor et Morel ont soutenu cette opinion et l’ont étayée sur diverses observations.

A l’appui de ces faits nous citerons l’observation suivante qui vient parfaitement les corroborer et que nous avons observée dans le service du professeur Rathery :

OBSERVATION

Mne Az... 57 ans.

Diabèle découvert en 1918, ne suit que très peu de régime.

En janvier 1928 :

Douleurs précordiales.

Angor.

Claquement du 2€ bruit.

Tension artérielle, 15-8.

Les urines contiennent du sucre en grande quantité mais pas d’acétone, pas d’albuminurie.

Ur ne CE En ER PER A OR ER NE Re Le Les Plon 7e

Reg i e

Entre dans le service le 1er octobre 1928.

Elle présente un bruit de galop.

Une tension artérielle de 12-8.

Le sucre a diminué fortement dans les urines et il n’en reste plus que des traces.

Par contre, albuminurie de 3 gr. 32 par litre.

L'examen du sang montre : urée sanguine, 0,48 et glycémie restant à 2 gr. 10.

Le sucre diminue, puis disparaît par un régime contenant 300 grammes d’hydrates de carbone. ;

On monte à 500 grammes de pommes de terre, le sucre urinaire ne réapparaît pas.

L’albuminurie persiste importante.

La malade sort alors de l’hôpital et est perdue de vue.

Ainsi cette observation nous montre une albuminurie substitutive très nette chez une ancienne diabétique où l’apparition d’une néphrite chronique a fait apparaître l’albuminurie en même temps que la glycosurie disparaissait, mais le trouble diabétique persistait comme le montre l’hyperglycémie.

Cette éventualité intéressante au point de vue de la physiopathologie du diabète a comme corollaire pratique la nécessité de mesurer la glycémie de ces malades, avant d’affirmer la guérison du diabète, car, c’est un des rares cas où, dans l’évolution et pour établir le pronostic du diabète, l'étude de la glycémie a plus d'importance que l’étude de la simple glycosurie.

Mais ce petit point mis à part, le problème qui domine est celui de savoir si l’apparition d’une albuminurie chez un diabétique indique toujours une lésion du fonctionnement rénal et doit faire modifier en ce sens la thérapeutique instituée.

À ce point de vue, la majorité des auteurs semble aujourd’hui d'accord pour soutenir le contraire. D'ailleurs Bouchardat avec son bon sens clinique qui prend là encore des allures prophétiques étonnantes, n’avait-il pas déjà écrit que l’ «albuminurie ne comporte pas la même signification ni le même pronostic dans le diabète sucré qu'ailleurs. »

Re REA

Notre statistique des 53 albuminuries diabétiques nous montre en effet que sur 45 diabétiques simples et albuminuriques seulement 10, c’est-à-dire 22 p. 100, présentaient une azotémie au-dessus de 0 gr. 50.

Alors que des huit diabétiques consomptifs et albuminuriques, cinq, c’est-à-dire 62 p. 100, présentaient une azotémie supérieure à 0 gr. 50.

(Et un présentait en outre de la cylindrurie.)

Nous ne soutiendrons pas que ces chiffres donnent la proportion exacte du trouble du fonctionnement rénal, car l’azotémie n’est pas un moyen idéal de déceler la perméabilité rénale et d'autre part, notre statistique porte sur un trop petit nombre de cas en ce qui concerne les diabétiques consomptifs.

Cela nous permet néanmoins de conclure et de distinguer : ainsi :

1° Les albuminuries dues à une néphropathie simple indiquant une lésion rénale, mais une lésion minime et n’influençant pas le fonctionnement rénal.

2° Les albuminuries dues à une néphrite vraie avec trouble du fonctionnement rénal.

Ces deux sortes d’albuminuries ne comportant évidemment ni le même pronostic, ni le même traitement, il convient, avant de fixer définitivement celui-ci, d’élucider un point capital :

S'agit-il bien là de deux affections différentes, séparées par une cloison étanche, ou ne s'agit-il là que de deux stades évolutifs d’une même affection. En d’autres termes, une néphropathie simple peut-elle n'être qu’un premier stade et se transformer ultérieurement en véritable néphrite.

La question est d'importance, car si la néphropathie est une affection autonome, constituée, stable, il ne faut guère s’en occuper et traiter essentiellement le diabète, et, au contraire, si ce n’est qu’un début, il faut porter tous ses efforts sur elle pour éviter qu’une ‘néphrite proprement dite ne se constitue.

Il semble bien qu'il en soit de même pour cette néphropathie du diabète que pour les autres néphropathies, c’est-à-dire que

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