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Entre le 4 novembre 1933 à 16 heures, venant de l’hôpital Bichat, en état de coma presque absolu.
Il s’agit d’un malade diabétique qui a déjà été dans leservice en 1932.
Dans ses antécédents héréditaires. — On remarque que son père est mort de diabète à l’âge de 60 ans.
Sa mère est bien portante.
Un de ses frères est mort de tuberculose pulmonaire.
Dans ses antécédents personnels. — On ne remarque rien de pathologique jusqu’en 1918.
En 1920, il commence à souffrir de son hypochondre droit, il se plaint de digestions pénibles, de diarrhée, de nausées, de sensibilité douloureuse de la région hépatique, de sub-ictère.
Tous signes rapportés à un mauvais fonctionnement du foie.
Un médecin consulté constate d’ailleurs une notable hypertrophie . de l’organe et prescrit un régime qui semble améliorer légèrement
l’état du malade.
Aucun examen d'urine n’a été pratiqué à ce moment.
En 1929. Il fait brusquement un. ictère avec température à 380. Cet ictère s’est accompagné de douleurs légères de l’hypocondre droit, mais qu’on ne peut pas assimiler à des coliques hépatiques.
Il a duré un mois et demi environ, a laissé le malade amaigri et asthénique.
Un examen pratiqué à cette période n’aurait pas montré la présence de sucre dans les urines.
C’est au début de 1931 que le malade a commencé à présenter une asthénie très vive, contrastant avec une polydypsie de 4 à 5 litres. En Janvier 1931 on a constaté des traces de sucre dans les urines.
L’amaigrissement persistant et la glycosurie augmentant, le malade est entré à l'hôpital Bichat où, devant la grosse hypertrophie du foie, on a pensé à la possibilité d’un kyste hydatique. diagnostic vite abandonné d’ailleurs.
Un traitement insulinique à raison de 80 unités quotidiennes a été institué et continué après la sortie de l’hôpital.
En janvier 1932, le malade est adressé à la consultation du Dr Rathery et on l’hospitalise aussitôt dans le service.
Ses urines contenaient alors 134 grammes de sucre par 24 heures.
2 gr. 35 d’acétone.
11 gr. 69 d’acide B-oxubutyrique.
Les réactions de Gerhardt et Denigès sont positives.
Son foie débordait le rebord costal de 4 travers de doigt et débordait largement dans l’hypocondre gauche.
La glycémie était de 4 gr. 06. Un Wassermann dans le sang a été négatif,
Après un séjour de 16 jours, un régime réglé à 300 grammes de pommes de terre et 80 unités d'insuline, les urines ne présentent plus de Gerhardt ni de Denigès, le malade augmente de 4 kgr. 200 et sort en bon état apparent.
En mars et mai 1932, il continue à venir se faire suivre à la consultation et fait à deux reprises des accidents d’hypoglycémie dus à ce que le malade n’avait pas mangé après son injection d'insuline.
Le 16 juin 1933. La glycémie est à 3 gr. 23.
Un dosage dans les urines montre 64 grammes de sucre par 24 h. 0,35 d’acétone.
1,45 d'acide &-oxybutyrique.
Le 16 octobre. Le malade a légèrement maïigri. Les urines contiennent toujours du sucre, mais ne présentent ni Gerhardt ni Denigès.
Le 127 novembre 1933. Le malade qui consultait de temps à autre pour son foie à Bichat y est hospitalisé.
Pendant trois jours, malgré les demandes du malade aucune injec tion d'insuline n’est pratiquée alors que le traitement n'avait pas été interrompu depuis près de deux ans.
Progressivement le malade tombe alors dans le coma et est transporté d'urgence dans cet état de Bichat à la Pitié.
A son entrée à l'hôpital la perte de connaissance est presque complète (le malade ne répond pas aux questions qui lui sont posées, mais réagit faiblement aux excitations fortes).
Il présente une coloration brune de la peau surtout au niveau de la face. On ne remarque aucune trace de pigmentation sur Îles muqueuses.
Son haleine a une forte odeur acétonémique, il est flasque. Déshydratation marquée avec hypotonie des globes oculaires.
Pas de dyspnée, pas de respiration à type de Kussmaul.
Pouls très faible, un peu accéléré à 100.
La tension est à 10-G.
Un examen des poumons montre à la base gauche une zone de matité avec des râles sous-crépitants fins.
Le cœur est normal.
Le foie est très hypertrophié, débordant d’un bon travers de main. le rebord costal et débordant largement l’ombilic à gauche. II est dur, immobile, non douloureux.
La rate n’est pas palpable, à peine percutable.
Le système nerveux montre :
Les réflexes rotuliens et Achilléens abolis.
Pas de Babinski.
Réflexes pupillaires normaux.
A l'examen des urines, présence de sucre, les réactions de Denigès, Gerhardt fortement positives.
Pas d’albumine ni de cylindres granuleux.
La glycémie est de 5 gr. 31.
La réserve alcaline de 19,7.
Le pH sanguin à 7,26.
L'urée à 1 gr. 40.
On fait aussitôt à 16 heures, 40 unités d'insuline
A re a, Idem. à 20 }h. 30 Idem. , à 24 heures Idem.
On donne, en outre, un todd avec 1 gramme de teinture de digitale, une injection de spartéine de 0 gr. 05 et une injection de solucamphre toutes les trois heures.
Un litre de lait et 100 grammes de sucre et de l’eau bicarbonatée.
Le malade sort assez rapidement du coma.
Le à novembre. On continue l'insuline.
à: /h2:90 7557 ET O0 ETMTTEST DRE RON RTE PTE MR SES 12 NEUPÉS MER ENT ON RER SEA EEE 17 heures RS NES EME ET DR DRADEUTES ASS EEE PS ER 190 unités.
Le malade se sent beaucoup mieux, le pouls est mieux frappé. Mais la langue est sèche et saburrale. Les urines présentent toujours du sucre. Gerhardt et Denigès positifs.
Le 6 novembre 1933. La glycémie est descendue à 1 gr. 54.
L’urée sanguine est à 1 gr. 20.
On laisse le malade à deux litres de lait légèrement sucré et on fait encore 140 unités d'insuline. Dans l’après-midi, les urines ne renferment pas de sucre.
Le 7 novembre. La température monte à 379,8.
Le malade se plaint d’un point de côté à la base droite.
Il tousse et présente une expectoration jaunâtre, très visqueuse. À l’auscultation, on perçoit nettement à droite, un souffle tubaire et de nombreux râles crépitants.
Le pouls est rapide à 110. La tension à 11-8.
La langue est très sèche.
On met des ventouses scarifiées sur le thorax. Puis des enveloppements humides, on fait une injection de spartéine et d’eucalyptine.
Le malade reçoit 120 unités d’insuline.
Le Denigès est devenu négatif.
Le 8 novembre. La température s'élève à 389,2 le matin, 390 le soir.
L'expectoration devient rouillée, un peu noirâtre,
Dyspnée avec polypnée à 44 à la minute.
A l’auscultation le foyer pneumonique est très net à la base droite.
Il existe également des râles sous-crépitants à la base gauche. Les urines présentent du sucre. Des réactions de Gerhardt et Denigès de nouveau positives.
On continue les enveloppements froids du thorax, l’eucalyptine, la spartéine et le solucamphre, le Todd avec 1 gr. 50 de teinture de digitale et 120 unités d'insuline.
Le 9 novembre. Température, 399,2.
Le malade est très pâle, très fatigué.
Au cours de la visite à 9 h. 30, il accuse une sensation de malaise, de tendance à la syncope.
Son pouls est extrêmement faible et très rapide à 150.
La tension artérielle est à 5 1 /2-4 1 /2.
A l’auscuitation du cœur, les bruits sont très rapides, mais bien frappés et perçus fortement.
La respiration est superficielle.
Les extrémités sont cyanosées et refroidies.
On pratique immédiatement une injection intra-veineuse d’un 1/4 de milligramme de ouabaïne et une injection sous-cutanée de spartéine, 0 gr. 05 et de caféine, 0 gr. 25 puis solucamphre.
L'état ne s'était que très peu amélioré, on fait à 11 h. 30 une injection intra-veineuse goutte à goutte de 250 grammes de sérum glucosé isotonique dans lequel on a mis une ampoule de 1 milligramme d’adrénaline.
On fait, en outre, sous la peau 40 unités d'insuline.
L’injection intra-veineuse est faite très lentement (1 heure). Après une vingtaine de centimètres cubes, le pouls s’améliore nettement. Il diminue à 128. La tension artérielle remonte à 9-5. Le reste de l'injection se passe sans incident.
À 13 h. 30, le malade émet spontanément une abondante selle de sang noirâtre.
A 16 heures, une prise de sang montre que la glycémie est à 1 gr. 93. l’urée sanguine à 1 gr. 50.
Le pouls est de nouveau extrêmement faible.
On fait une nouvelle injection de spartéine à 0 gr. 05 et une injection intra-veineuse de 1 /4 de milligramme de ouabaïne.
A 19 heures. On fait 250 centimètres cubes de sérum salé isotonique sous la peau et des injections de solucamphre toutes les heures. Le pouls est extrêmement faible et un peu irrégulier. La respiration est très superficielle et rapide.
A 21 h. 30. Décès.
Aultopsie (Voir chap. 1, p. 22).