‹ Le Rein Des DiabétiquesChapitre 85 sur 103 · B. — RÉSERVE ALCALINE · texte numérisé non relu

B. — RÉSERVE ALCALINE

Cette réserve alcaline mesurée par la méthode Van Seyke toujours abaissée comme il est naturel dans nos 20 cas de coma diabétique ne nous a pas semblé être plus basse dans les cas compliqués d’azotémie, puisque nous la voyons à 10 chez Fu... qui n’avait que 0,35 d’urée, alors qu'elle est à :

7,9 chez Bon... qui avait 0,45 d’urée au début

ET — 1.eH. —- 0,64 == 19 have — 1,40 ee 77" “Pre... — 2,10 —

Par ailleurs, les variations de la réserve se font indépendamment de celle de l’azotémie.

Sous l'influence du traitement insulinique, nous la voyons en effet remonter assez rapidement dans toutes les observations alors que l’urée reste stationnaire ou s’accroit. Un seul

cas fait exception, celui de Cou... qui ne fut suivi d’ailleurs que pendant vingt heures. La réserve resta basse à 14,2 après 14,8, alors que l’urée sanguine monta de 0,82 à 1 gr. 30. Ce cas est d’ailleurs particulièrement intéressant, car l’insuline n’influença pas la réserve, alors que la glycémie, d’ailleurs peu élevée au début du coma à 3 gr. 75, baissa à 1 gr. 90 sous son influence.

C’est le seul cas de nos observations où on puisse se demander si l’acidose constatée n’était pas en rapport avec l'insuffisance rénale plus qu'avec le diabète.

CEE P-SANGUIN

Mesuré dans cinq observations, donna des renseignements confirmant ceux donnés par la réserve alcaline.

D. — CHLORÉMIE

Ce dosage était particulièrement intéressant à étudier, car on sait que Blum a soutenu que l’azotémie du coma diabétique était due à un manque de sel et que l’administration du sérum salé suffisait dans bon nombre de cas à faire diminuer cette azotémie alors que la mise au régime déchloruré faisait monter fortement cette azotémie.

19 Au début du coma : Cette chlorémie fut étudiée dans

seize Cas.

Dans les 15 cas où l’azotémie était normale au début :

2 fois la chlorémie tant plasmatique que globulaire était basse ;

2 fois les deux chlorémies étaient hautes ;

1 fois la chlorémie plasmatique était basse et la globulaire haute.

Dans les 11 cas où l’azotémie était élevée au début du coma :

3 fois les deux chlorémies étaient nettement basses ;

2 fois les deux nettement élevées ;

3 fois au voisinage de la normale ;

3 fois les deux chlorémies étaient discordantes, c’est-à-dire :

2 fois le chlore plasmatique était élevé et le globulaire abaissé, et une fois l'inverse.

Tous ces résultats sont donc comme, dans la majorité des cas publiés antérieurement, parfaitement discordants et ne permettant de tirer aucune conclusion.

20 Les variations de la chlorémie, purent être suivies dans 0 CAS:

Dans trois cas où l’azotémie monta on vit la chlorémie baisser deux fois (Lay..., Br...), monter une fois (C...).

Dans deux cas où l’azotémie baissa, la chlorémie baissa les deux fois (Leb..., Peyr...).

Dans deux cas où l’azotémie resta stationnaire, le chlore s’abaissa une fois (Lem...) et s’éleva une fois sous l’influence du sérum salé (Bre...) sans avoir d’effet sur l’azotémie.

Dans un cas enfin où l’urée s’éleva, pour s’abaisser, la chlorémie d’abord élevée s’abaissa (Dol..….).

Aussi la chlorémie ne semble avoir aucun effet tant sur l’apparition de l’azotémie que sur les variations de celle-ci. Par contre, dans le cas Bre.., où les chlorémies étaient extrémement basses :

Clplasm.:: 2 gr. 96.

CI glob.:.1 gr. 28.

et la glycémie extrêmement haute à 10 gr. 98, ce ne fut qu'après injection de 20 centimètres cubes de sérum salé hypertonique et relèvement de la chlorémie à :

CEplasm. : 3,37.

Gliglob”; 1,72; qu’on vit la glycémie diminuer un peu à 5 gr. 37 et ne plus être insulino-résistante comme auparavant.

Ce fait que nous avons déjà observé chez une autre malade permettra peut-être, dans un autre domaine, d'ouvrir des horizons sur certains faits d’insulino-résistance.

E. — CoRPS ACÉTONIQUES DU SANG

Ce dosage très minutieux n’a été pratiqué que dans un nombre très restreint d'observations. Il est pourtant d’une importance capitale, comme le remarquent Labbé et Boulin

pour affirmer l'existence de cas de comas diabétiques avec gêne de l’excrétion des corps cétoniques et accumulation de ceux-ci dans le sang par barrage rénal.

Fitz a observé un cas avec 3 gr. 68.

Labbé et Boulin, dans les deux cas qu'ils ont publiés de coma avec réaction de Gerhardt négative ont trouvé. :

2 gr. 28 dans un cas et 2 gr. 28 également dans l’autre. |

Mais ces auteurs font un dosage des corps acétoniques totaux, ce qui n’est peut-être pas suffisant, car il convient de connaître la proportion d'acide 6-oxybutyrique. Dans un cas publié par MM. Labbé et Boulin, si la réaction de Gerhardt était négative dans les urines, il y avait cependant 6 gr. 67 de . corps acétoniques totaux dans ces urines que ies auteurs considèrent comme de l'acide B-oxybutyrique; rien ne nous prouve que les 2 gr. 28 de corps acétoniques sanguins totaux ne sont pas également de l’acide £-oxybutyrique.

C’est pour répondre à cette objection que MM. Rathery, de Traverse et Mlle Patin, grâce à une nouvelle méthode de dosage qui sera publiée très prochainement, ont dosé séparément l’acétone et l’acide $-oxybutyrique chez 3 de nos malades 1.

Chez Bou..., qui guérira,

l’acétone était à O gr. 384.

l'acide $-oxybutyrique à 0,770.

Chez Cou... qui mourut rapidement,

l’acétone était à 0,463,

l’acide $-oxybutyrique était à 0,289.

Chez Br..., qui présenta une gêne considérable à l’excrétion des corps cétoniques et une réaction de Gerhardt négative dans les urines. Dans le sang :

l’acétone était à 0 gr. 26, l’acide 3 nee était: à Acor >.

Par ailleurs, l'évolution de ces corps acétoniques sanguins

put être suivie chez Bre.….

1. Cette méthode donna comme chiffres normaux chez 4 malades non diabétiques : pour l’acétone des chifires variant entre 0,004 et 0,006 et pour l'acide f-oxybutyriqnes, de 0,011 à 0,035.

Ils baissèrent d’abord légèrement :

l’acétone à 0,168, l’acide 6-oxybutyrique à 0,45.

Ils se relevèrent ensuite :

l’acétone à 0,20.

l’acide B-oxybutyrique à 0,637.

Alors que l’excrétion urinaire baïssait.

Enfin ils baissèrent fortement :

l’acétone à 0,106.

l’acide B-oxybutyrique à 0,145.

Alors que l’excrétion urinaire se relevait.

Pendant tout ce temps l’urée sanguine était restée très élevée au-dessus de 2 grammes.

On suivra d’ailleurs cette évolution sur les courbes de Ia page 85.

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