‹ Le rein mobileChapitre 22 sur 35 · VI. — COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

VI. — COMPLICATIONS

Appendicite et rein mobile. — Avant d’aborder les complications dont le rein lui-même peut être le siège, disons un mot des relations de X appendicite eL du rein mobile.

La fréquence de F appendicite chez les femmes atteintes de rein mobile a depuis longtemps attiré l’attention. Les Américains, et parmi eux Edebohls surtout, se sont attachés h cette question. Ce dernier, dans une série de travaux, est arrivé à établir entre les deux affections une relation de cause à effet (1).

D’après lui, l’appendicite chronique se rencontre dans près de 90 p. 100 des reins mobiles droits (2).

(1) G. Edebohls, Chronic Appendicitis. Complication of movable right Kidney (The Posl Gradua/e, February 1899).

(2) G. Edebohls, The Relations ol' movable Kidney and appendices to each otherand lo the Practice of modem Gynækology Medical Record, mardi 11, 1899).

appendicite et rein mobile.

Dans ces cas, l’ appendicite est en général latente, insidieuse, sans grandes manifestations; quelquefois cependant il a vu des crises aiguës, mais presque toujours elles se terminent par résolution ou passent à l’état chronique.

La réalité de cette appendicite est démontrée par les résultats anatomiques des opérations pratiquées par Edebohls. Dans 30 cas, où l'appendice fut enlevé en même temps que le rein fut fixé, l’appendice fut trouvé manifestement lésé.

Comment se produit, toujours d’après Edebohls, l’appendicite au cours du rein mobile ? Le rein droit, en se mobilisant, déplace le duodénum et la tête du pancréas, et comprime ainsi la veine mésentérique supérieure, d’où des troubles dans la circulation en retour de l’appendice, qui sc congestionne et s’enflamme plus tard.

Et l’appendicite constituée peut être ainsi, par les douleurs qu’elle provoque, la seule manifestation du rein mobile. Et il suffit quelquefois, mais pas toujours, de fixer le rein pour guérir l’appendicite.

Edebohls, d’ailleurs, pratique dans la même

COMPLICATIONS

séance et par la même voie lombaire l'ablation de l’appendice et la néphrorrapbie.

J’ai cité textuellement les idées, les hypothèses formulées par Edebohls. Depuis lors, de nombreux auteurs : Noble, Bervill, Ross (1), Watson (2) Beck et d’autres ont abordé à nouveau cette question et l’ont résolue à peu près dans le même sens.

Pour ma part, je n’accepte en aucune façon les idées de Edebohls : les faits sur lesquels s’appuient les auteurs américains ne sont rien moins que probants. L’appendicite est actuellement si commune, le rein mobile est si fréquent chez la femme, qu’on doit s’attendre à voir toute appendicite chez une femme adulte coïncider avec un rein mobile. Le fait de trouver l’appendice lésé au cours d’une néphropexie ne prouve pas la relation de cause à effet entre les deux affections.

Il y a là tout simplement une coïncidence, d’où résulte la difficulté de distinguer ces deux afl’ec-

(1) Ross, Dislocation of the Kidney (Brit. med. Journ., 1897, t. II, p. 965).

(2) Watson, Cases illustrating rénal surgery (Med. and Surg. Report Boston City llosp., 1890, p. 422).

HÉMATURIE.

tions l'une de l’autre, cl la nécessité où l’on se trouvera souvent de faire, en même temps que la néphropexie, l’ablation de l’appendice.

La mobilité rénale n'impose nécessairement aucune complication au rein qu’elle affecte : il ne semble pas que le rein mobile soit plus souvent lésé que le congénère. D’après certaines statistiques, cependant, le rein mobile se compliquerait quelquefois & albuminurie . Sur 100 cas de Hibert, il y a 9 albuminuries légères et 5 albuminuries abondantes.

Plus rarement encore on a vu coïncider avec le i ein mobile cette forme spéciale de X albuminurie, dite orthostatique. Dans un cas de Né- \ièie (1) cependant, la mobilité du rein avait une influence certaine sur la production de cette complication, puisque l’application d’un bandage suffit à la faire disparaître.

Hématurie. — Dans quelques cas rares, on a observé des hématuries au cours du rein mobile,

0) Councc.ux, Les albuminuries orthostatiques (Thèse de Paris,

COMPLICATIONS

qui semblaient directement liées à la népliroptose elle-même.

Israël, Guyon, Albarran (I), Newmann, Gallo- Avay (2), Pasteau (3) ont observé cette complication et discutent sa pathogénie.

La congestion rénale produite par la mobilité rénale et la torsion du pédicule est-elle suffisante pour causer à elle seule l’hématurie? Cela est très probable.

Dans quelques cas cependant, il est fait mention de quelques signes de néphrite : dans un fait de Newmann, par exemple, on signale l'albuminurie et la présence de cylindres dans l’urine.

Dans d’autre cas, on peut se demander si un certain degré d’hydronéphrose n’est pas susceptible de produire cette hématurie.

Loyd, Fürbringer, Zawisza et Terrier (4) ont vu

(1) Albarran, Ann. des mal. des org. gén.-urin ., mai 1898, p. 468.

(2) Andrew F. Galloway, On movable Kidney (Glasgov). med. Journ., 1899, t. II, p. 355).

(3) Pasteau, De l’hématurie au cours du rein mobile {Comptes rendus de la IVe session de V Association française d’urologie. p. 152, Paris, 1899).

(4) Terrier el Baudouin, De l’bydronéphrose intermittente, p. 147, Paris, 1891.

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