LES LESIONS
Les vaisseaux son! toujours allongés : l'artère et la veine ont une longueur de 10, de 12 cenlimètres. L’allongement est d'ailleurs en raison directe de la mobilité. Dans toutes les autopsies où l’on a pu étudier sur place ce point particulier, dans celles de Legueu, de Glantenay cl Gosset, de Pasteau, il en fut toujours ainsi, et l’on ne comprendrait pas d’ailleurs qu'il en fût autrement.
Le rein, quand il veut descendre, tire un peu sur ses vaisseaux; les vaisseaux résistent d’abord, mais ils cèdent enfin, et cèdent en s’allongeant.
L allongement est donc un allongement secondaire et non préexistant. La preuve en est que la veine cave est parfois elle-même attirée du côté droit mobile par la veine rénale ;
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la veine cave décrit, comme dans l'observation de .Gosset et de Glantcnay, une courbe à convexité, droite,1 Et l’aorte elle-même peut être déviée et décrit une forte convexité dont le sommet correspond à l’origine de l’artère rénale, comme dans le fait de Pasteau. Il n’en serait pas ainsi si l’allongement était primitif : et de ces faits nous pouvons donc conclure que l'allongement est secondaire au rein mobile. Ce n’est pas une lésion initiale et causale, c’est une lésion consécutive.
Péritoine. — Le péritoine n’est pas modifié . on a cru longtemps, on a dit quelquefois que le péritoine pouvait envelopper complètement le rein mobile, lui constituer une enveloppe totale, comme le péricarde pour le cœur, avec juste le passage des vaisseaux. Mais jamais, au cours de mes opérations, je n’ai vu une pareille disposition. Le péritoine se soulève, laisse le rein glisser sous lui ; il n’est pas modifié par la mobilité.
Graisse périrénale. — La graisse périr é-
GRAISSE PÉRIRÉNALE.
jiale est-elle supprimée? .Non quelquefois on l’a vue raréfiée (Leguep, Glanlenay et Gos- .set). Habituellement, on la trouve- très abondante, et on n’y voit nulle -trace de cette inflammation sous-séreuse que Potain avait un peu théoriquement supposée et dont il pen- .sait trouver la raison dans une lésion du gros intestin.
Où est donc alors la lésion capitale, essentielle, d’où résulte la mobilité?
Elle réside exclusivement ou à peu près dans la disparition ou l’allongement des fins tractus qui fixent le rein dans sa loge et à sa loge. Elle réside dans la disparition de ce lin coussinet qui, fermant en bas la loge, reçoit et limite le pôle inférieur du rein. Quand ces tractus sont disparus, quand le coussinet est étiré, la loge est ouverte, le rein est suspendu dans le vide; il descend d’abord un peu; mais le plan est glissant, il descend davantage, et ainsi se fait peu à peu et par .degré la mobilité pathologique.
De cette mobilité résultent des lésions secon
claires.
Legueu. — Rein mobile.
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Telle est par exemple cette altitude vicieuse imposée au cæcum et dont Al g] ave (1) a montré la réalité et l’importance. A l’état normal, le cæcum est relié par quelques adhérences filamenteuses avec l’extrémité inférieure du rein. Quand le rein s’abaisse, il entraîne le cæcum par l’intermédiaire de cette adhérence; un coude se fait à ce niveau, au niveau de la terminaison du cæcum, et la circulation des matières est troublée (fi g'. 2). Et c’est dans cette obstruction partielle par coudure que Ton doiL sans doute chercher l’interprétation de ces troubles intestinaux dont la pathogénie était jusqu’alors restée discutable et discutée.
Les plus importantes modifications sont celles qui se passent du côté de l’uretère.
Lorsque le rein se mobilise, en effet, il entraîne avec lui la partie supérieure de l’uretère dans une certaine étendue, et l’on ne comprendrait pas, en effet, la mobilisation du rein si l'uretère ne se mouvait avec lui. L uretère, en se mobilisant, se
(1) Alglave, Dispositions vicieuses du cùlon ascendant provoquées par rabaissement du rein droit (Rev. de chir., 1904, t. XXX, p. 730).
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plisse, se courbe, el sur son trajet se forme, dans la partie mobilisée, dès indexions, des couduies.
Fig. 2. — Coudure cæco-colique provoquée par la néphroptose (schématique) (Alglave).
La croix marque le promontoire : cæ, cæcum volumineux et tombant dans la cavité pelvienne; o. c. asc., origine du côlon ascendant ; aa, adhérences au niveau du point coudé et du pôle inférieur du rein abaissé ; le, tractus épiploïques ; e, épiploons.
Mais ces coudures sont mobiles, variables, intermittentes : elles se produisent et se constituent quand le rein se déplace ; elles s'effacent
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quand il reprend sa place ; on les verra réapparaître lorsque le rein descendra à nouveau. Mais elles ne se produisent pas successivement au même point.
Ces coudures ne sont pas oblitérantes ; elles n’entravent pas la circulation uretérale, qui continue à se faire librement. J’ai pu m’en assurer en injectant de bas en haut, ou de haut en bas, à travers le rein, de l’eau dans l’ uretère : le courant d’eau déplace la coudure, redresse la valvule que celle-ci ne manque pas de produire, et on voit l’uretère se dérouler comme un tube de caoutchouc infléchi et mobile et dans lequel on ferait passer un courant liquide.
Pour que ces coudures soient oblitérantes, il faut qu’elles cessent d’êlre mobiles et qu’elles soient iixes ; lorsque la coudure est ainsi fixée, ce jour-là un obstacle est réellement constitue, et la circulation uretérale ne se fera pas sans rencontrer un certain degré de résistance, d’où excès de tension, puis dilatation, puis tension à nouveau, etc. Sur le cadavre, il suffit de fixer la coudure avec une épingle
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pour voir que le courant urétéral est de suite entravé. Sur le vivant, des causes diverses produisent la fixité de la coudure et déterminent ainsi l'hydronéphrose intermittente (Yoy. Compilent ions, page 50).