‹ Le reine de Saba, opéra en quatre actesChapitre 27 sur 29 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Assad, La Reine.

Assad !

LA REINE ASSAD

Qui parle?

LA REINE

Assad !

VILLE DE BRUXELLES - STAD BRUSSEL Axchives - ArcMef

ASSAD

Ciel! quel effroi !

Fantôme, va, va loin de moi!

C'est moi qui dans le sable aride.

Mon Assad, ai su te trouver; L'amour qui m'a servi de guide M'amène ici pour te sauver.

Je t'aime et je veux te conduire Là-bas au pays enchanteur.

ASSAD

Tu veux encore me séduire...

Encore!... démon tentateur !

LA REINE

Moi ton démon! non, non je t'aime.

Ne vois-tu pas couler mes pleurs?

Hélas ! l'orgueil du diadème A seul causé tous nos malheurs.

C'est moi qui, près de la fontaine.

Sous mes baisers te vis pâmé, Oui moi que Dieu fit naître reine, Moi ton esclave, ô bien aimé!

Assad de toi mon âme est pleine Que ton courroux soit désarmé,

ASSAD

Va-t'en î tu n'as plus que ma haine, Mon cœur à jamais t'est fermé.

LA REINE

Je veux, pour prix de ta souffrance, Que mon amour te rende heureux.

Pardonne, Assad, que l'espérance Change mon sort si douloureux.

Ton cœur est-il impitoyable, Ou l'amour est-il impuissant?

Pitié pour moi car la douleur m'accable Et mes pleurs sont des pleurs de sang.

Non ! Je sais quelle espérance Mon cœur peut fonder sur toi, Tes larmes sont ma vengeauce, Va, tu n'es plus rien pour moi.

LA REINE

Mon Assad, pitié ! je t'adore !

A tes genoux je suis encore, Vois ma douleur, grâce pour moi !

ASSAD

Non, non, va-t'en! {à part) Je souffre et je tremble d'effroi ,

LA REINE

Ah viens, dans la forêt profonde Je sais un radieux séjour.

Là, dans tes bras, bien loin du monde, Je veux mourir de ton amour.

Dans ce séjour tout est tendresse.

Tout est langueur, tout sait charmer; Là nous 'vivrons la douce ivresse.

Le ctker bonheur de nous aimer.

Assad, suis-moi, 1' heure s'envole, Suis-moi dans le pays du jour.

Le dieu qui brûle et qui console Va nous faire mourir d'amour.

ASSAD

Où suis-je? Tu flécliis encore, 0 lâche cœur! Adonaï!

Sur moi que brille ton aurore, Viens me sauver, sois mon appui !

0 mort, abrège mes alarmes.

Engourdis-moi dans ta stupeur, Démon, maudites soient tes larmes!

Va-t'en, va-t'en, tu me fais peur !

LA REINE

En vain ta voix supplie.

LA REINE

Assad !

ASSAD

Va-fen, je te mandisî Et toi, seul juge de ma vie.

Reçois mon âme au paradis!

LA REINE

Je pars, adieu, adieu ma viel Mes jours sont à jamais flétris!

[Elle sort.)

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