‹ Le remplaçant; comédie en trois actesChapitre 51 sur 108 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

HENHI, VALENTINE.

Quand Antoine est parti, Henri et Valentine restent un instant sans rien dire, un peu embarrassés.

VALENTINE

Avouez, monsieur, que nous nous trouvons là dans une situation assez bizarre.

HENRI

En effet, madame!...

VALENTINE

Et même un peu gênante .

HENRI

Gênante ? En quoi ? puisque nous l'avons acceptée

tous les deux, tous les.trois même!

VALENTIXE.

C'est égal, mninlennnt qiio jf suis plus de sangfroid...

HEKRI.

Si vous avez des regrets, il est encore temps !

VALENTTNE.

Nonl

Elle retire son collet.

HEXRI.

Vous avez raison! Il ne faut en tout ceci considérer

que le Lut... (a Valentlne qui veut ôter son chapeau.) Vou-

lez-vous me permettre?

VALENTINE

Volontiers! Prenez garde, il y a une épingle...

HENRI

Oh! rassurez -vous. (ll lui cnl^ve son chapeau très délicatement.) ijàl...

VALENTINE, à part.

Tiens! il ne se pique pas, lui!... (Haut, prenant son chapeau des mains d'Henri.) Morci... On VOit que VOUS

avez l'habitude.

HENRI

Oh I l'habitude !

VALENTINE

En tout cas, vous n'en êtes pas à vos débuts.

HENRI, souriant.

Si je vous disais le contraire, vous ne le croiriez pas?

VALENTINK. riant.

Non!...

Elle cherche à poser son chapeau.

ACTK DEUXIÈME 7i

HENIilj voulant la dôbarrassor.

Je VOUS en prie, madame... '

VAI.,ENÏINK, refusant.

Oh! non, monsieur, merci!

HENHI, lui désignant un meuble au fond à droite.

Alors là !...

VALKNTINK, allant au meuble.

Merci !

HENRI, à part, la regardant, puis descendant à gauche.

Elle est vraime:-t très Lien, cette femme-là!...

(Frappant sur sa poche où est le portrait de Clotildo. à luimême.) KaSSUreZ-VOUS, Glotilde, rassurez-vous!

VALENTINE, de la cheminée, où elle arrange ses cheveux.

Vous dites ■?

HENRI

Rien!

VALENTINE, redescendant au milieu.

Pardon! je croyais que vous me parliez.

HENRI, gaiement.

Vous avez déjà l'air plus à votre aise. L'épisode du chapeau a rompu la glace !

VALENTINE

C'est vrai ! S'il faut être fi\inche, ce (pu lu'eft'rayait le plus dans notre tète-à-tète, l'/était le commencement.

HENRI

Etes-vous un })eu rassurée ?

VALENTINi;, lui tendant la main.

Tout à fait !...

HENRIj gagnant la droite.

Alors, profitons-en pour examiner un peu le terrain.

VALENTIKE, à part, regardant Henri.

Il est très bien I

HENRI, ouvrant à droite.

Par là? La chambre à coucher ! Voulez-vous voir?

YALENTINE,

C'est inutile, puisque nous n'irons pas jusque-là.

(Allant vers la porte de gauche.) Et (le ce CÔté ?

HENRI

Ouvrez!

Je n'ose pas!

HENRI

Voyons, ouvrez tout de même. Faites un effort, pour vous aguerrir !

VALENTINE

Vous avez raison!... (ouvrant la porte.) Un cabinet de toilette.

Elle referma la porto et descend à gauche. HENRI.

Le corollaire de la chambre à coucher! (souriant.) Tout cela est plus que suffisant pour ce que nous avons à faire ici...

VALENTINE

Oh! oui... certiùnemant...

Henri prend sa valise et se dirige vers le fond à gauche. VALENTINE.

Eli ! bien, où allez-vous ?

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