ACTE PREMIER
IIRNRI.
Décoré!... Et sans sollicitations, sans basses intrigues, car on ne pourra pas dire que j'ai intrigué I
ANTOINE
Ça, non, puisque c'est moi.
HENRI
Ecoute, Antoine, il y a des services qui ne se paient pas. Mais si tu as jamais besoin de mon épée, de ma bourse, de n'importe quoi, enfin!
ANTOINE
Je ne t'en demande'pas tant ! Si la vieille noblesse
ne se soutenait pas aujourd'hui ! (Regardant l'heure.)
Il est une heure moins vingt, (a part.) Elle va venir I (Haut.) Tiens, si tu allais remercier le ministre!
HENRI
C'est ça! (souriant.) Et puis tu attends quelqu'un.
ANTOINE, d'un ton indiffèrent.
Oli! un ami!
HENRI
Avec ces vagues-là sur la tète?
ANTOINE
Eh bien, non là! (Avec âme.) Je 'l'attends! Oh! ne crois pas que ce soit une de ces femmes qui... que... Non ! c'est une de ces créatures divines que le Seigneur envoie de temps en temps sur la terre pour donner aux hommes un avant-goût du septième ciel !
HENRI, avec envie.
Alors, elle t'emmène là-haut?
ANTOINE, gêné.
Je t'en prie, n'insiste pas : c'est une femme mariée.
HENRI
. A un de tes amis^ naturellement !
ANTOINE
Non! Je connais le mari de vue et voilà tout ; il s'occupe de politique.
HENRI
Alors qui t'a présenté?
ANTOINE
La pluie!...
HENRI
Comment la pluiu ?
ANTOINE
Oui. (Regardant l'heure.) Rassieds-toi, nous avons encore dix minutes ! (On s'assied. Antoine à gaucho de la table, Henri à droite.) Un jour^ en sortant du Salon... Un temps de chien.. ! Je vois vme dame qui clierchait une voiture; j'avais la mienne, je la lui otîre, elle refuse!» Monsifur pour qui me prenez-vous? Je n'ai pas l'iiabitude d'aller en voiture avec des gens que je ne connais pas! » Madame, lui répliquai-je. je suis gentilhomme : je monterai sur le siège !
HENRI, riant.
Et tu es monté sur le siège ?
ANTOINE, avec noblesse.
Puisque je suis gentilhomme !
HENRI, à part.
Naïf, va !
ANTOINE
Elle .vil linit de suite à <pii elle avait all'aire, elle accepta. En roule, vUc fut touchée, et uUe m'olfrit...