‹ Le remplaçant; comédie en trois actesChapitre 7 sur 108 · ACTE PREMIER o · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER o

HENRI

Quoi? Tu as fait? Ah! Antoine! Ah! mon ami! Parle vite!

Il s'assied près d'Antoine, sur le pouf. ANTOINE.

Eli bien, voilà ! J'ai été voir un sénateur de ma connaissance^ un homme considérahle^ je lui ai parlé do toi.

HENRI

Parfait!

ANTOINE

Je lui ai dit que depuis la mort de ton oncle tu étais un des plus gros propriétaires ralliés d'Eureet-Loir, que tu venais d'écrire un ouvrage remarquable sur l'acclimatation des vers à soie dans les départements de l'Ouest...

HENRI, avec joie.

Et il t'a répondu ?

ANTOINE

Qu'il s'en fichait pas mal, puisqu'il représentait un département du Nord !

HENRI, navré.

Alors je suis llambé ?

ANTOINE

Non ! J'ai été voir le président.

HENRI

Lequel?

ANTOINE

Celui du Conseil. Tu vois ce qu'elle a fait pour toi, la vieille anglaise?... Je lui ai dit que depuis la mort de ton oncle...

HENRI

J'étais un des plus gros propriétaires ralliés d'Eureet-Loir. . .

ANTOINE

... Que tu venais d'écrire un ouvrage remarquable sur l'acclimatation de l'ail dans les départements de l'Ouest.

De l'ail ! Mais non !

ANTOINE

Laisse donc, il est de Toulouse! Et voilà comment, à l'anniversaire de la prise de la Bastille, le marquis de Ghantelaur sera décoré.

HENRI, se levant.

Ah! mon ami! Ah! mon l)on ami, mon excellent Antoine !

FRANÇOIS, présentant une glace à Antoine qu'il a fini de

coitfer.

Si monsieur veut juger?

ANTOINE, se levant.

Ai-je encore l'air d'une vieille anglaise?

HENRI

Tu es beau, tu es superbe, tu as des vagues sur la tète !

ANTOINE, ôtant son peignoir, il est en veston du matin.

J'ai l'air d'une grande marée ! (a François, lui donnant le peignoir.) Tenez, François. A demain!

Page 1