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Enfin, le même exercice, fait pendant la digestion, a porté à4.600 pouces par heure (911.,247) la quantité d’air vital consommé. Les efforts que M. Secux avait faits dans cet intervalle équivalaient (1) à l'élévation d’un poids de 15 livres à une hauteur de 650 pieds pendant un quart d'heure (soit 4.550 kgm.)...Ce genre d’observations conduit à comparer des emplois de forces entre lesquelles il semblerait n’exister aucun rapport. On peut connaître, par exemple, à combien delivres en poids répondent les efforts d’un homme qui récite un discours, d’un musicien qui joue d’un instrument. On pourrait même évaluer ce qu’il y a de mécanique dans le travail du philosophe qui réfléchit, de l’homme de lettres qui écrit, du musicien qui compose. Ces effets, considérés comme purement moraux, ont quelque chose de physique et de matériel qui permet, sous ce rapport, de les comparer avec ceux que fait l’homme de peine. Ce n’est donc pas sans quelque justesse que la langue française a confondu, sous la dénomination commune de éravail, les efforts de l’esprit comme ceux du corps, le travail du cabinet et le travail du mercenaire (2). »
Pour l’exactitude de la conception, ces observations de Lavoisier n’eussent rien laissé à l'avenir si, comme il enétait tenté (3), 11 avait adopté la loi d'équivalence entre la chaleur ou force vive et le travail.
Joue, le premier, fit cette application à l'organisme humain, déclarant « qu’en proportion de l'effort musculaire dépensé il y aurait une diminution de la chaleur développée dans le système par une quantité d’action chimique donnée» (4. eit.).
(1) L est vraisemblable que l'estimation du travail donnait une valeur qudessous de la réalité. Lavoisier se proposait de constater l'influence du travail sur la dépense, mais non d'effectuer des mesures rigoureuses. Notre observation répond à l'absurde prétention du D° P. Dupuy, qui supposait un poids de 60 ker. à Séguin et ajoutait ce poids à la charge. (Gaz. méd., 1861, p. 524). Lavoisier ne pouvait commettre de telles erreurs,
(2) Lavorsrer. Œuvres complètes, t. Il, pp. 688 et suiv. (Edition offici (3) Le même, Ibid., t. I, p. 285. à A
EROTIQREe
La doctrine formelle fut apportée par J. R, Mayer, de Heilbronn;, en 1845. « Tout mouvement animal, dit-il, exige une dépense d'oxygène et une production d’acide carbonique et d’eau...» (/. cit.); le travail journalier coûte environ 95 gr. de carbone brülés dans la machine humaine, Cela représenterait :
D 94 c. — 745 calories.
La physiologie est désormais engagée dans cette voice lumineuse. Duwas et BoussiNeaurr (1) assimilent le moteur humain aux moteurs thermiques et lui trouvent un rendement supérieur. Se fondant sur la dépense (300 gr. de carbone) consacrée à l'ascension du Mont-Blane,ils arrivent à un rendement de 33 0/0 environ.
En particulier, c’est la dépense statique (2) qui intéresse le plus les chimistes : ils établissent le bilan des ingesta et des excrela au repos, n’étant pas encore éclairés sur la nature des changements que le travail imprime à la dépense. Leurs déterminations ont conduit à cette formule de Berruc- Lor que « l’entretien de la vie ne consomme aucune énergie qui lui soit propre (3) ».
S'il en est réellement ainsi, il faut, de toute nécessité, que le travail musculaire se fasse aux dépens de l’énergie alimentaire. Or le travail est moteur ou résistant. Dans le premier cas il doit consommer de la chaleur, dans le second la restituer.
En 1855-1858, Hirx soumit ces idées au contrôle de Pexpérimentation. En appelant Q toutes les pertes thermiques de
(1) Dumas et Boussinaurr. Essai de statique chimique des êtres organisés, 1844. 7 er
(2) BoussinGauzr. Ann. Ch. Phys., 2e s., t. LXXI, p. 113; 3 5., t. XIT, p. 164, t. XVII, p. 291. Economie rurale, . II, 1844 (passim). — BarraL. Slalique chimique des animaux, 1850. dis
(3) M. BerrueLor. Essai de mécanique chimique, 1810, t, I, p. 91.