‹ Le Rendement de la Machine humaineChapitre 9 sur 41 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

" Aperçu historique.

Deux points de vue ont dominé tour à tour l'étude de la machine humaine, des moteurs animés en général : celui des physiciens et des ingénieurs, essentiellement pratique; celui des chimistes et des biologistes relatif à la théorie même.

1. — Jusqu'à la fin du xvure siècle, la force (1) humaine avait paru d’origine mystérieuse, œuvre du principe vital. Celui-ci, étant susceptible d’un degré maximum de fatique, il ne fallait pas l’épuiser, mais se contenter d’obtenir de lui un effet maximum pour un degré donné de fatigue. On évaluait donc tantôt la force absolue ou l'effort, tantôt le éravarl journalier. L'idée du rendement était ainsi dans les faits, sinon dans les esprits.

On était, néanmoins, frappé de l’infatigabilité du cœur, se doutant bien que son travail est immense pendant toute une vie. Le premier, GauiLée (1564-1642) l’altribua à la nature du mouvement; c’est la masse entière du cœur qui se donne ce mouvement. Au contraire, les muscles des jambes, par exemple, ont à mouvoir une masse additionnelle écrasante, celle du corps et de la charge possible. Aussi la fatigue s’en empare-t-elle aisément (2).

(1) Pendant longtemps on entendit par force ce que nous nommons énergie. Même après l’œuvre de Mayer, Helmholtz écrivait son fameux Mémoire sur la Conservation de la force (18417). Ce qui était, pourtant, exact, c’est que la force était capable d’une quantilé d'action ou de travail, absolument comme

nous le disons pour l'énergie. re À x (2) « Awenga che lo staucarsi il corpo dell’ animale deriva per mio credere

sie

Il est curieux de noter que la grandeur du déplacement cet

sa rapidité furent considérées déjà par Léoxarb De Vin

(1452-1819) comme le fait d’une rupture d'équilibre. Les mouvements sont d'autant plus vifs que le système s’écarte de cet équilibre et y retourne plus vite (4).

L'effet de la force n’est pas le même pour ïes bras que pour les jambes. Celles-ci, disait La Hire (2), conviennent au transport vertical des fardeaux; mais D. Bennourur (3) les destinait au transport horizontal, à la marche. De toutes façons, l'effet diminue quand on atteint de grandes vitesses (4); il serait maximum si on adoptait la witesse convenable (5)

pour travailler toute une journée.

En régime libre, et à fatigue égale, on a vu les hommes produire des quantités de travail incroyables (6). Si lon change l'effort P en p, la vitesse devra également se modifier, passer de V à v pour que l'effet soit encore un maximum. Deux formules dues à Eurer (7) expriment cette relation : |

=, 21 == es == DR (1 v) ou p P{ “)

Mais la quantité de travail ne reste pas constante. Cest bien

dal] impiegare una parte sola per muovere se stesso e tutto il resto del corpo..; all’ incontro vedrete il movimento del cuore essere come infatigabile perchè muove se solo » (GALILEO GaLiLer, Opere, vol. XI, p. 558, Milano, 1841).

(14) « Il moto è creato dalla destruzione del bilico, cioè dall inegalità : imperocchè nissuna cosa per se si muove, che non eschi dal suo bilico, e quella si fa piu veloce che piu si rimuove dal detto suo bilico. » (LEONARDO DA Vinci. Tratlalo della pittura, Milano, 1804, p. 128).

(2) De LA Hire. Mém. Acad. des Sciences, 1702, en commun avec pes CaMus.

(3) Dares BErnouzzr. Hydrodynamica, 1738, Bâle, sectio tertia. Il est frappant qu’à cette époque l'emploi judicieux de la force humaine ait été l’objet de nombreuses recherches. Deparcieux (Acad. des Se., 4760), reprit les expériences de la Hire et soutint que l’homme produit l'effort par son poids, tandis que ses muscles déplacent son centre de gravité.

(4) P. Bouauer. Trailé du navire, p. 109, 1746. L'auteur parle spécialement des rameurs.

(5) S. GRavesauDE. Physices Elem. mathem., I, n° 4856.

(6) DEsaGuLIERS. Cours de Physique, 1, p. 259. — II (passim), trad. franc. Paris, 1751.

(7) Euler ne fit lui-même aucune expérience. Depuis, ses formules ont été modifiées, surtout en Allemagne.

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