ARRET
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à tort, croyons-nous, que CouLomr reprocha à Daniel Ber- NouLL (1) de considérer la fatigue comme proportionnelle au travail suivant une constante, quelle que soit la variation des facteurs de ce travail. Au contraire, il admettait que la fatigue est plus grande lorsqu'on double la vitesse qu’elle ne le serait en doublant la charge.
ScauLTze (2), en 1783, multiplia les expériences pour éclaircir celte relation. Des hommes transportent, en marchant, des fardeaux croissant de 4 kg. 680, depuis 70 kg. 200 à 117 kg. La vitesse diminuait avec l'accroissement de charge en vérifiant la première formule d'Evrer.
La notion de rendement sera tout à fait explicite deux ans après, avec Coulomb. «Il y a, écrivait-il, deux choses à distinguer dans le travail des hoinmes ou des animaux : l’effet que peut produire l'emploi de leurs forces appliquées à une machine, et la fatigue qu’ils éprouvent en produisant cet effet. Pour tirer tout le parti possible de la force des hommes, il faut augmenter l'effet sans augmenter la fatigue, c’est-à-dire qu’en supposant que nous ayons une formule qui représente l'effet, et une autre qui représente la fatigue, 1l faut, pour ürer le plus grand parti des forces animales, que effet divisé par la fatique soit un maximum (3). »
Ce quotient, ajoutait-il, ne doit être déterminé que pour une durée suffisante, «attendu qu’en quelques minutes on peut soutenir un effort qu’on n’eût pas fourni durant une heure par jour ».
Alimenté régulièrement, l’homme est capable de travailler en portant des fardeaux verticalement (sur un escalier) ou en marchant, de s’exercer à différentes manœuvres. Dans cha-
(1) D. Bernouzui. Sur Les moyens de suppléer en mer à l'action des vents (1753). — Prix Acad. des Sciences, t. VIII, p. 7, 1768.
(2) Sonucrze. Biblioth. Brilan., t. LVI, 1783. : à
(3) Coucour. Mém. sur la force des hommes, 1785, publié dans les Mém. de ] Institut, ventôse an VI ; édité chez Bachelier, dans la Théorie des Machines
de l’auteur (1821).
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cun de ces cas, Couroms évalue le travail en kilogrammètres (1). Mais il admet l’égalité du travail effectué en montant ou en descendant un escalier : ce qui est faux ; l’équivalence du travail vertical et du travail horizontal quand ils occasionnent la même fatigue ; le taux de cette équivalence serait : a — 1/18 (2). Or, cela suppose un rendement invariable, quelle que soit la nature du travail; il ‘n’en est rien. Les conclusions générales de l’auteur sont toutefois intéressantes : L’ouvrier qui monte des fardeaux ou qui les transporte en marchant ne supporte que des charges respectives de 53 kg. et 62 kg. 300 au plus. Le quotient spécifié plus haut, c’est-à-dire le rendement, s'améliore pour une vitesse convenable, et dépend de l’habileté; de l’entraînement du sujet. Par contre, il est abaissé si la {empérature vient à croître ou quand la nourriture est moins bonne : 7 heures de travail par jour répondent à la meilleure utilisation de la machine humaine.
Lazare Carnor (3) avait les mêmes idées que CouLomB, mais il envisageait, dès cette époque, la nature du moteur musculaire. « L'animal est comme un assemblage de corpuscules séparés par des ressorts plus ou moins comprimés qui, par là, recèle une certaine quantité de forces vives ; ces ressorts, en se détendant, convertissent cette force vive latente en force vive réelle (4). Le problème de la dépense, évaluée en force vive, se précise et approche de celui de l’Energétique. « Une machine est d'autant plus parfaite, écrira Navier, que son
(1) Dans la marche, c’est aussi T = P vi kgm., tout en reconnaissant que ces unilés de travail occasionnent une moindre fatigue.
: ne 1 Ps (2) S. Haughton est arrivé au rapport ET (Principles of animal Mechanics,
1813). — Cf. Pankes. Ann. Sc. nat., 1868, pp. 279 et suiv.
(3) L. CarNor. Essai sur les machines en général, 1186.
(4) L. Cannor. Principes fondamentaux de l'équilibre et du mouvement. 1804, p. 247. C'est une refonte du précédent ouvrage.