‹ Le renégatChapitre 101 sur 334 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

l'encens de la terre l'eflfraie. Quoique bien jeune encore , elle connaît les humains ; elle sait qu'ici bas l'héroïsme et le ge'nie , tantôt repousses par le dédain , tantôt accueillis par l'enthousiasme , bien que des lauriers les couronnent, n'ont que des palmes contestées; et que le mortel illustre , traduit au tribunal des contemporains , coupable de sa supériorité , a besoin de s'en faire absoudre.

Plusieurs heures de repos ont suffi pour ranimer ses forces ; elle s'éveille avec le jour. Sa première pensée est à l'Éternel. La porte à barreaux de fer, par laquelle elle s'introduisit dans la place , est sous l'étage qu'elle occupe : la route inconnue qui la conduisit à l'inaccessible plateau mène à la chapelle révérée de Notre-Dame des Cévennes. La veille , avant la prise de Ségorum , la princesse avait fait le vœu secret , si le ciel secondait son entreprise, de se rendre seule avant l'aurore au

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