LIVRE IV
miration , plus que de la reconnaissance. « — Chevalier, levez -vous, dit la fille de » Théobert troublée ; ne songeons plus qu'à » nos devoirs , ne songeons plus qu'à la patrie. » — Je ne me lèverai , reprend vivement Lëo- » dat, que quand vous aurez exauce ma pre- )) mière prière. Héroïne des Gaules î permettez » que désormais mes soldats et moi ne mar- » chions que sous vos bannières ! soutTrez que » Léodat à l'avenir soit votre premier lieu- ') tenant !...
» — L'armée de Charles Martel vous ré- » clame , interrompt la princesse. — Me ré- » clame î répond le chef, à quels titres? et de » quels droits? Suzerain puissant des Avernes, n indépendant de la couronne , je ne combats » point pour le maire du palais, je ne m'arme » que pour la France. Charles, auquel je prête » assistance , n'a point de lois à me prescrire. » Je puis choisir mon étendard, et ne recon- « nais plus que le vôtre.
» — Le voici ! dit Ezilda le lui présentant, » je le remets entre vos mains. Prince ! votre » illustre nom m'est connu , votre vaillance » est renommée, commandez a mes monta- » gnards. — Sous vos ordres, >•) s'écrie le chef; et saisissant la blanche bannière dont le pal doré resplendit à la lueur des flambeaux comme un brandon enflammé : « — Français ! re- » prend-il avec impétuosité , voilà Tétendard » du salut, le drapeau de la liberté !... Et M voici , poursuit-il en montrant Ezilda , la » providence des Cévennes , le talisman de la » victoire ! »
La fille de Théobert se retire à la tour de l'orient. Après tant de fatigues et d'agitations, elle a besoin de quelques momens de calme. Léodat veille sur le fort , tout est tranquille à Ségorum ; au fond de la retraite qu'elle s'est choisie , elle se dérobe aux hommages qui l'obsèdent. Les honneurs ne l'enivrent point :