LIVRE IV
ainsi que sa mère. Persuade que l'air salubre du midi peut seul guérir la reine et son fils , le monarque se rend avec eux à Marseille, et de là s'embarque pour Narbonne. O malheur afïreux ! une horrible tempête écarte le vaisseau de Thierri des nombreux bâtimens qui l'escortent ; et loin de tout secours 5 jouet de la tourmente , il est attaque par un pirate algérien. L'équipage se défend avec intrépidité; vains efforts ! il va succomber... « — O Notre- )) Dame des Cévennes ! s'écrie le roi , sauve )) Clodomir , et sur le mont de Ségorum un )) temple te sera consacré î »
Pour ranimer le courage de ses défenseurs, la reine , malgré sa faiblesse, s'élance à travers une nuée de flèches ennemies, et montrant son fils aux soldats ranime leur vaillante audace. Mais au milieu de la mêlée un javelot funeste atteint le jeune Clodomir, et s'enfonce dans sa poitrine. Son sang a rejailli sur sa mère.,. Ce spectacle change la bravoure fran-
çaise en rage. Les soldats luttent en désespérés contre les élémens, les Africains et les orages; leur persévérante énergie surmonte tous les obstacles. Bientôt la tempête s'apaise , et le pirate a fui vaincu.
Le vaisseau du roi regagna la cote ; Clodomir guérit de sa blessure ; et le vœu de Thierri fut loyalement accompli. Une chapelle magnifique fut élevée à la Vierge sous les remparts de Ségorum; et près de l'autel fut placé un tableau représentant la reine au moment où parmi ses guerriers une flèche atteignit son fils. A la droite de ce tableau s'offrait une statue en marbre : c'était Thierri à genoux prononçant le vœu solennel.
L'aurore éclairait les montagnes; et le dôme immortel était sans nuage ; l'oiseau murmurait sous la feuillée les premiers accens du réveil. Ézilda marche à pas pressés. Que de fois y accompagnant son père , elle suivit ce