‹ Le renégatChapitre 118 sur 334 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

son cœur plaide sa cause. Hélas ! semblable au vaisseau battu par la tempête , qui , parmi les rescifs dont il est environné, jette la sonde et se décharge de ses agrès, sans autre attente qu'un naufrage, Ezilda ne voyant qu'abîmes autour d'elle , y plonge au hasard ses pensées sans voir de route praticable et sans lumière protectrice.

Désormais comment agira-t-elle?... Si pour le mortel encore épargné par le destin , et possédant sa force entière , le grand théâtre du monde est souvent une arène hérissée de lances , où chaque atteinte fait blessure , où la gloire même est un écueil, où la louange est un poison... que sera-t-il ce même théâtre pour rétre qu'un choc inattendu a presque attéré dès son entrée dans la carrière , et qui , forcé de se cacher sous d'impénétrables secrets , affaibli par des combats intérieurs, entravé par de pénibles devoirs, n'y peut plus marcher d'un pas libre 1 . . .

Page 1