LIVRE V. 3i
siasme , j étais comme devant l'Eternel , et je demeurais prosterne dans un extatique délire.
» Agobar , dont le visage sévère ne manifestait jamais l'attendrissement, me relève avec émotion. Mes traits venaient de lui rappeler Turial; une étonnante ressemblance entre Anathilde , son frère et moi , m'avait déjà gagné son cœur. Une larme roule dans ses yeux : (c — Veux-tu me suivre? me dit-il. — Jusqu'à » la mort, lui répondis-je. )) Et me dévouant à lui, je revêtis l'armure guerrière. Depuis cette époque je ne l'ai plus quitté; j'ai su mériter sa tendresse , et j'ai remplacé Turial.
» Il obtint la grâce de mon père, et le furieux Athime dissimula de nouveau sa rage. Agobar reprit la route des camps ou plutôt celle des victoires. L'accompagnant partout , je combattis à ses côtés. Lors de mon départ pour l'armée, je comptais à peine trois lustres; et pourtant aux premièi^es batailles je sus cueil-