‹ Le renégatChapitre 171 sur 334 · LIVRE VI. ït · texte numérisé non relu

LIVRE VI. ït

» pire ?.... Je descends du fameux Avitus (i) » qui de simple montagnard de Gergovie de- » vint l'arbitre de la Gaule, le maître de la » Germanie et l'empereur de l'Occident. Mon » aïeul ceignit la pourpre romaine ; ne puis- » je imiter son exemple? Pour renverser tous » les obstacles, j'ai sa force, j'ai son cou- » rage..... et de plus que lui, j'ai l'amour. » Ezilda , prononcez un mot ! et pour possë- )) der votre cœur, oui, je me sentirais le » pouvoir de changer la face du monde. »

Il dit : mais d'une voix ferme et sévère Ezilda répond en ces termes : « — Les rojaii- )) mes et les empires n'ont aucune valeur pour » moi; Lëodat, je me croyais mieux connue » de vous. Qui me parle le langage de l'am- » bition me blesse; qui m'adresse celui de » l'amour m'offense. Ecoutez mon invariable

(i) Voyez , sur le célèbre Avitus , Grëg. Tur. ,1. 2 , c. 2 ; — Mar. A.vent. Ghron. ; — Idat. , p. 007 ; — Jorn. , c. 44 ; — Sidon. panég. Avit. , carm. 7, 1. 1 , c. 5.

12 LE TxExNÉGAT.

» et solennelle déclaration : la fiancée du fils » de Tliierri ne sera jamais à d'autres qu'à » Clodomir.

» — La mort, interrompt le prince, la » miort cruelle a rompu vos liens; le fils des » rois n'existe plus. — Et si la France fut » trompée! si Clodomir vivait encore !... »

A ces mots elle s'arrête et regarde attentivement Léodat. Dévoué à ses anciens monarques, le guerrier français eût mille fois sacrifié sa vie pour son souverain légitime. Frappé d'étonnement, il reste muet. L'héroïne de Lutève n'a pu prononcer sans motif ces dernières paroles; si quelque miracle connu d'elle seule avait conservé les jours de l'héritier du trône !... Ah! le retour inespéré de Clodomir le séparerait à jamais d'Ezilda N'importe ! trop grand , trop généreux pour s'arrêter à cette pensée : « — Si Clodomir existe » encore, s'écrie-t-il impétueusement, qu'il » se montre î qu'il reparaisse ! et ma for-

Page 1