LIVRE YI. i
h tune, mes États, mon cœur, mes espë- » rances , ma vie, je précipite tout à ses i) pieds. »
Un nouveau courrier de Charles Martel interrompt l'entretien : le message cette fois s'adresse à la princesse. Le duc régnant lui témoigne hautement sa reconnaissance ; il rend justice à ses grandes actions, mais il blâme l'inexplicable pensée qui lui fit briser les fers d'Agobar. Il lui parle des soupçons injurieux que cet acte bizarre a fait naître : il désirerait ardemment qu'elle pût s'en justifier.
Ayant appris que l'ami le plus cher d'Agobar était au fort de Ségorum , il exige que ce prisonnier important lui soit livré ; et il ordonne à la princesse des Cévennes de faire transporter de suite Alaor à son camp royal d'Umbrani.
Ezilda n'hésite point dans sa réponse ; et l'écrit suivant est porté au maire du palais: «^ — Charles , mes prisonniers m'appartien-
)) lient ; et seule j'ai le droit de disposer d'eux; » il ne m'est plus permis d'accéder à tes dé- ;) sirs, car j'aipromisaujeune Alaor sa liberté, » et mes promesses sont sacrées : dès demain , » l'ami du chef des Musulmans aura rejoint » ses étendards. Quant aux soupçons injurieux >) dont ta dëpêcLe m'entretient , j'ai donne )) assez de preuves d'amour de la patrie pour » n'avoir pas besoin en cette circonstance de )) justifier mes actions ; je ne réponds point » aux calomnies. »
L'héroïne mande Alaor. Le jeune Musulman a retrouvé ses forces en recouvrant l'espoir de rejoindre Agobar. « — Demain , lui » dil Ezilda , vous serez rendu à votre ami. » — Ah ! répond Alaor ivre de joie , demain, » je peindrai au plus magnanime des hommes » la plus admirable des femmes.
,) — Dites-lui bien, reprend Ezilda, que la )j princesse des Cévennes,en ce moment plus