LIVRE VI
» nos moataç^nards ! Leur enthousiasme va » s'éteindre dès que le phare inspirateur ne » luira plus au milieu d'eux : vous emporterez )} avec vous les prestiges et ia victoire. Së- » gorum que vous habitiez était un temple » de la gloire ; Ségorum que vous aurez quitté » ne sera plus qu'une forteresse des mon-
» tagnes,
» — Je ne vous quitte que pour trois » jours : la paix règne dans Ségorum ; vous » y remplacerez Ezilda : vous veillerez sur » mes légions ; vous leur cacherez mon ab- » sence
» — Trois jours ! interrompt Léodat. Et » loin de vous trois jours de paix !... Ah! de ;) quel poids accablant sera la triste monotonie )) de ces trois cruelles journées! quelle surface )) uniforme , rase ^ et désenchantée vont nous » offrir leurs longues heures !... Pour les sup- » porter sans les maudire je les voudrais char- » gées de tempêtes ; au milieu des combats ,
'>.o LE REINÉGÀT.
)i des anxiétés, du carnage, l'existence poùr-^ )) rait être horrible , mais ce serait une exisj» tence.
)) — Prince î dit ia fîile de Théobert d'une » voix grave et solennelle , épargnez-moi des^ » plaintes inutiles. Ce n'est ni pour suivre » la route des plaisirs , ni pour écouter le )) langage de l'amour , que je fus appelée à la )) vie. L'urne où dorment mes destins n'est » point un vase de parfums , c'est un calice » de dovdeurs ; ce ne sont point des guirlandes » fleuries qui l'entourent, ce sont des crêpes » funéraires. »
Elle dit , et s'éloignait de Léodat : « — Une )) seule question encore ! s'écrie-t-il. Hier , )) entre vous et moi vous avez placé le puis-
» sant nom du fils de Thierri Serait-il dorn:
» possible que la fiancée de Clodomir put en- » core être son épouse ?... — Noble prince î » dit l'héroïne , à mon retour je vous répon- » drai. »