‹ Le renégatChapitre 182 sur 334 · LIVRE VI. 3i · texte numérisé non relu

LIVRE VI. 3i

» sance et Thonneur m'ont donc prescrit ce » que j'ai fait. Que Charles ose encore m'ac- » cuser! L'Europe entre nous sera juge. Ma w vie entière peut être examinée , rien n'est » à craindre pour moi : je n'ai jamais trahi » mes sermens, je n'ambitionne aucun em- >> pire, je n'usurpe aucune puissance. »

Elle dit ; la noblesse de son langage impose à l'orgueilleux despote. Aux derniers mots qu'elle a prononcés , les yeux de Charles se sont détournés avec embarras. Il cherche à sourire; et reprenant par degrés son assurance : (( — L'ai-je bien entendu ? lui dit-il ; >i une chrétienne fanatique donne ici le nom » de héros au plus impie des mécréans !, . .

» ' — Duc de France I interrompt l'héroïne ; » il est temps de vous le révéler : le chef des » troupes ennemies n'a jamais été Musulman. )) — Qui donc est Agobar ? — Un Français. . )) — Un Français! lui! . . . — Écoutez-moi. « Ce moment solennel va décider des destins

» du monde. Le vaillant Agobar , la terreur » de l'Europe, l'exterminateur des Chrétiens, » a paru l'homme des enfers; mais peut-être » dépend-il de vous qu'il devienne l'homme » du Seigneur.

» — De moi î ... dit Charles au comble de la » surprise. — De vous-même, répond Ezilda.

» Prince! quelques journées de succès ont » pu rendre l'espérance à vos chevaliers, ont » pu ranimer leur courage abattu; mais un » nouveau revers replongerait la Gaule plus » que jamais dans l'esclavage et l'avilissement , » et ce revers n'est malheureusement que » trop à redouter. Les forces musulmanes )) sont innombrables, et le plus parfait accord » unit leurs intrépides chefs. Quant à nous ! . . . » Charles, voici l'état de la France.

)i Depuis qu'au timon de l'Etat il manque » im prince légitime, une légion de souve- )) rains couvre le royaume démembré. La n monarchie n'est plus qu'un songe. De toutes

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