LIVRE VL
» des héros que les lauriei's sont à leur place. » Quant à moî , ma mission remplie , je ne )) demande à l'Éternel que de rentrer paisible » et pure en ma première obscurité.
» — Princesse î répond Charles Martel , la )) reconnaissance des chrétiens vous est as- » surée. La prise de Ségorum est un de ces » exploits hardis que l'histoire doit recueillir. » Vous avez fait beaucoup pour la France , :» mais vous auriez pu faire davantage... Un » instant le sort de l'univers fut entre vos )) mains. Il n'a tenu qu'à vous que nos guerres » et nos malheurs ne fussent terminés. L'o- )) dieux chef des Sarrasins, Agobar, fut vo^ » tre captif. Quelle étrange pitié put donc par- )) 1er pour lui à votre ame ? Quel vif intérêt » vous a portée à lui servir d'égide , à défen- » dre vous-même ses jours ? Par quel traité » secret vous êtes-vous engagée à lui rendre » ses prisonniers ? Quel inexplicable accord » règne-t-il entre vous?. . . Fille de Théobert^
3o LE RENÉGAT.
)) pourquoi faut-il que votre gloire ne s'offre )) point sans tache à nos armées ! Comment » croirai-je à votre zèle ardent pour la cause » de Dieu^ lorsque vos mains brisent les fers » de son plus implacable ennemi ! . . .
)) — L'armëe des Cévennes est la mienne , » répond Ezilda. Elle n'a combattu pour la ;) France que sous mes ordres, que sur mes )) terres et qu'à ma voix : depuis quand le » chef suzerain , victorieux dans ses Etals , » n'est-il plus maître , au champ d'honneur , » de disposer de ses captifs ! . . . J'ai servi mon )) pays, j'ai combattu pour la religion, j'ai )) triomphé des infidèles ; et si dans une cir- » constance inexpliquée j'ai brisé les fers du :» héros sarrasin, c'est encore le ciel et la » France qui tous deux m'en ont fait la loi. )> Avant la prise de Ségorum, Agobar à ma » prière avait sauvé tout un couvent. Moi- » même tombée au pouvoir des Musulmans, » sans ce guerrier je périssais. La reconnais-