LIVRE VI
» — Que dites-vous 5 6 ciel! vous croiriez!.... >j — Glodomir s'est offert à moi ; ses preuyes » sont irrécusables ; et son épouse l'a re- )) connu.
)i — Où peut-il être ? a repris Fambitieux » maire du palais, où donc Favez-vous re- )i trouvé? — En ces contrées, dit Fliéroïne. )) — Et sous quel nom obscur se cache-t-il >j parmi les hommes ? — ' Loin de se cacher )) sous un nom obscur , il n'en porte qu'un » trop célèbre. — Qu'entends-jeî Expliquez » ce mystère î . . . . — Je ne suis venue près de » vous qu'afîn de vous le révéler. Glodomir , » que vous avez persécuté , lorsque sous le )) nom d'Astolphe il vous suppliait de l'enh tendre , que vous avez vaincu lorsqu'il prit » les armes contre vous, Glodomir repoussé » par sa patrie... — Achevez donc !... — Est )) Agobar.
» — Est Agobar !... n répète Charles avec horreur. Puis après un long silence : « — A
» supposer qu'Astolphe fut Clodomir , auriez- » vous donc osé concevoir la pensée de pla- » cer la couronne de France sur la tête d'un » renégat !
» . — Sur le front du fils de Thierri , s'écrie » avec force Ézilda. Prince cruel ! après avoir » précipité Clodomir au fond des plus ef- » froyables gouffres du malheur, après l'avoir » poussé vous-même aux derniers excès du dé- » sespoir , est-ce a vous à le condamner?.... » Quelque titre qu'il ait porté , en quelque » contrée qu'il se trouve , quelque faute qu'il » ait commise , il n'a point perdu sa naissance , » il est toujours fils de Thierri. »
Puis avec toute l'exaltation du sentiment , en peu de mots et avec éloquence , elle raconte au chef guerrier la vie entière d'Agobar.
Pendant le récit de l'héroïne , Charles Martel , violemment combattu , n'osait arrêter sa pensée sur aucune détermination fixe. Jamais