‹ Le renégatChapitre 187 sur 334 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

il n'avait douté qu'Astolphe ne fut Clodomir , mais il le croyait au tombeau. Alors même qu'il triomphait des troupes de Faldis , il était convaincu des légitimes droits de celui qu'il déclarait un imposteur. A cette funeste époque , s'il n'eût écoulé les lâches conseils des courtisans qui lui présentaient la pourpre , s'il eût obéi à la voix intérieure de sa conscience et au vœu de son propre cœur , Astolphe eût été reconnu.

{( — Je le répète encore , poursuit la prin- )) cesse après avoir achevé son récit , peut- » être en ce moment dépend-il de vous » qu'Agobar , l'homme des enfers , ne rede- » vienne Clodomir , l'homme du Seigneur. » Remettez-lui son héritage , l'Eglise lui rou- » vrira son sein : en sacrifiant un titre au- )) dessous de votre gloire , affranchissez d'un » mot la patrie, et rendez la paix à l'Europe. » Celui qui dispose des sceptres est en quel- » que sorte roi des rois; et placé par-delà les

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» trônes, il se rapproche de Dieu même.

» En rappelant Clodomir au palais de ses » pères 5 vous donnez pour monarque à la » Gaule un guerrier redoutable ; dans les cir- » constances critiques où se trouve la nation , » vous lui donnez un maître imposant ; et » vous arrachez en même temps aux Sarrasins » leur génie , leur puissance , leur renommée » et leurs conquêtes.

» — Mais , s'écrie Charles , Agobar , renë- )) gat, ayant porté les armes contre son pays, :» peut-il maintenant lui inspirer le respect et » la confiance !

» — Agobar , répond Ezilda , fut exaspéré » par l'infortune ; et la France qui l'a proscrit » est aussi coupable envers lui qu'il peut » l'avoir été envers elle : de droit elle n'est » point son juge , et de droit il est son mo- » narque. Ceux qui forcent au crime sont » aussi condamnables que le criminel lui- » même ; Lutèce et ses chefs devront donc

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