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LIVRE VII

Calmor. Ce bâtiment , d'une forme irrégulière et. d'un aspect étrange , fut un des ouvrages d'Auguste. Il le fît construire lors de son voyage à Narbonne au huitième siècle de Rome. Mais la pensée qui le conçut dut paraître à la postérité non moins bizarre que son architecture. Auguste l'avait élevé et consacré au vent de bise (i).

Sous les murs du temple , Ezilda s'arrête. L'édifice est à cinq pans , entouré de colonnes torses de moyenne hauteur , surmonté d'un pavillon carré qui lui-même porte une tour. De ce dernier plateau l'œil découvre la Méditerranée qui roule au loin ses vagues azurées et se perd dans l'horizon , comme une pensée dans l'infini (2).

(1) Quelques historiens assurent que ce fut par suite d'un vœu ; d'autres prétendent que ce fut pour apaiser ce vent qui désole cette province. De toutes manières , l'idée et l'exécution étaient fort extraordinaires. ( Voyez Senec. natural. qusest. , lib. 5 j — Lips. in senec. )

(2) On ne voit plus vestiges de ce monument.

Du milieu des rochers qui bordent la mer , Ezilda voit s'élever l'aiguille de la pyramide de Fabius. Il lui semble y voir flotter un drapeau noir Plus de doute , Agobar est là.

Déjà le Renégat l'attend. Cette bannière redoutée annonce l'exterminateur.

Le prophète de la montagne est descendu de son coursier. La fille de Théobert lui donne ordre de rester au temple. Elle veut entretenir seule Agobar. Et ce n'est que du sommet de la tour de Calmor qu'il est permis à Gondaïr de la suivre de ses regards , et de veiller encore sur elle.

En peu d'instans la vierge des Cévennes est à la pyramide de Fabius. Ce monument, le premier que la Gaule dut aux Romains , est chargé de trophées , d'inscriptions et de sculptures. Il est d'une imposante beauté; mais s'élevant d'une plage aride , éloigné de toute habitation , entouré de rochers déserts , il est

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