LIVRE VII
>) falque royal. Chassé du palais de mes. » aïeux, j'ai juré de n'être, pour la France » de Charles Martel, que l'homme de l'ex- » termination : je dois accomplir mon ser- » ment. Et que me font les diadèmes !... Je » n'ai point pris les armes pour reconquérir » ma couronne , mais pour assouvir ma ven- )) geance. La pourpre souveraine que j'am- » bitionne est la robe sanglante du carnage. » Que la Gaule soit ravagée ! qu'elle soît » rayée de la liste des nations î qu elle périsse » déshonorée î tels sont mes plans , mes espé- )) rances, mes dernières résolutions. Je ne y> ceindrai pour manteau royal que le linceul » de la patrie. ))
Après ces horribles imprécations , il s'arrête. La princesse sans l'interrompre le laisse exhaler librement son ressentiment implacable. « — Si le désir de régner entrait dans mon >) ame , continue le Renégat d'un ton amer et » farouche , aurai s-je besoin de Charles et de
» loi pour me ceindre en ces lieux le front » (l'un diadème qui m'appartient!.... Je n'ai » qu'un mot à prononcer, et mes fidèles Sar- » rasins, à la face de l'univers, vont m'élever » sur le pavois; oui, je n'aurais qu'à le vou- )) loir, et dès demain, sous mon sceptre de » fer, se rangerait avec des transports de » joie celte misérable France accoutumée à » accueillir comme sauveur tout aventureux » téméraire,... cette France qui encense le » matin ce qu'elle outragera le soir , qui » change de souverains et de lois comme la » nature de saisons, et qui traverse avec au- » tant de légèreté les époques de honte qu'elle » franchit les jours de gloire. ))
11 dit, et telles que le vent du désert qui consume l'herbe naissante et tarit la source nouvelle , ses paroles au cœur d'Ezilda ont fait refouler l'espérance, u — Adieu donc! adieu » pour jamais ! dit-elle en retenant ses larmes. » Prince cruel , complète ta vie î rejette à la