LIVRE Vir
rf — Adieu donc î dil-il à son tour.... Tu vas » t'eflbrcer de m'oublie r.... Peut-être même )) de me haïr. . . — Jamais ! interrompt Ézilda , » retirant sa main et la posant sur son cœur : » là 5 partout, et jusqu'à la mort. Dieu , la » pairie et Clodomir. »
Elle s'éloigne à grands pas. Long-temps , d'un rocher qu'il a gravi , le Renégat la suit
des yeux Puis , tout-à-coup se tournait
vers ses guerriers : « — Sarrasins ! s'écrie-t-il , » aux armes !.... Je crois apercevoir au loin , » sur la plaine , l'ëtendard des chrétiens. Mar- » chons î qu'une bataille mémorable anéan- >) lisse enfin l'odieux Charles Martel et ses » déloyales armées ! Que la France soit à » ribérie ! et que la loi de Mahomet soit » celle de l'Europe entière î »
11 range ses troupes en bataille ; il expédie des courriers sur divers points aux principaux chefs musulmans , pour que ses divisions éloi-
gnées marchent et se réunissent à lui ; il trace les plans d'attaque et de défense. Son héroïque génie s'est assuré toutes les chances de la victoire ; et dans les champs de Calmor le plus affreux carnage se prépare .
Ézilda voit sa marche arrêtée. Une ligne de soldats français se développe à l'horizon du côté vers lequel elle se dirige. Ne pouvant s'éloigner des côtes , elle se réfugie momentanément au temple de Calmor. Du sommet de ce monument isolé qu'entourent et défendent les troupes d'Alaor, elle va, sans danger et de loin, se trouver spectatrice du combat. Le vieux de la roche noire est auprès d'elle ; il lui fait remarquer , et souvent lui explique les divers mouvemens des armées rivales. Le barde et la princesse sont animés du même patriotisme ; et pourtant , à cette heure fatale , entre eux que de sensations différentes ! Gondaïr ne