‹ Le renégatChapitre 227 sur 334 · LIVRE VIII. lîî · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. lîî

avec ce fidèle ami, elle l'instruit de ses desseins: (( — Vous quitteriez vos montagnards!... )) s'ëcrie Gondaïr; eh quoi ! vous de'sespérez » de la cause sacrée ! vous voulez donc notre )) ruine !... — Je ne veux que votre salut, » répond la vierge en lui présentant l'écrit » adressé à Léodat. Lisez ma lettre et jugez- » moi ! ))

Le touchant adieu de l'héroïne de Lutève au suzerain des Avernes attendrit le barde des Gaules. Les raisons qui la forcent à se bannir elle - même lui paraissent puissantes. x4yant peine à retenir ses larmes , sans répondre il lui rend Técrit : sa magnanimité lui paraît au-dessus de toute expression humaine ; et craignant de profaner les sensations qu'elle lui fait éprouver, il n'essaie point de les peindre.

(( — Gondaïr , dit la fille de Théobert, c'est w maintenant en vous que je mets toute mon » espérance : c'est à vous seul que je veux » confier le secret de mes destins. Je ne vous

ii2 LE RENEGAT.

» demande point le serment de ne révéler a » qui que ce soit la retraite où vous allez me » conduire ; je connais votre ame , et je » ne crois point avoir besoin de l'enchaîner » par des promesses solennelles. Vous se- » couderez mes vues , j'en suis certaine , et » vous ne trahirez jamais votre amie. — Oh ! » non , jamais ! répond le vieillard en portant » à ses lèvres la main de la princesse ; or- » donnez , je vous obéis : ma vie entière vous )) appartient.

» — Eh bien ! reprend -elle , vous qui la » harpe à la main, chantre des torrens et )) prophète des montagnes, avez gravi les plus )) inaccessibles rochers , et pénétré les retraites » les plus ignorées , conduisez-moi vers quel- ») que asile impénétrable où je puisse vivre » inconnue a tous les humains. Menez-moi )j dans quelque solitude écartée qui puisse » m'ofïrir un refuge a l'abri de tous les » périls. ))

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