LIVRE VIII
tracer sera remis le lendemain au prince des Avernes.
(( — Noble et puissant chevalier I le ciel me >) Tordonne 5 je pars. En mon absence je vous » confie le commandement des légions de Sé- .)) gorum; et j'en appelle à votre honneur, à » vos vertus, a votre amour, montrez- vous » digne d'Ézilda. Si jamais vous fuies dévoué » à la fîUe de Théobert , si son estime vous est i) précieuse , si jamais vous l'avez aimée , con- » duisez sa bannière à la victoire ; et sacrifiez )) comme elle votre existence à la patrie.
» Vous m'interrogez sur le sort du fils de
» Thierri Clodomir existe, je ne puis en
» dire davantage. Le proclamer hautement » ne m'est plus permis : lui rendre aujour- » d'hui le trône est impossible. Que ce secret » en votre sein reste à jamais enseveli !
» Quant à moi, je vous le répète , tant que » durera la guerre, à moins que Charles re- ))■ venu de son erreur ne cesse de me perse-
no LE RENÉGAT.
» culer^, mon devoir et le salut de la Fiance me » prescrivent de fuir le théâtre des combats : » je n'y étais point venue pour chercher ma )) propre gloire , je le quitte pour assurer la » votre. De l'asile inconnu où quelque temps » je vais me retirer, je ne cesserai d'avoir » l'œil sur vous. Non, je ne vous abandonne » point ; de cœur et de pensée je serai tou- » jours avec les miens : mon éloignement mo- )) mentané leur prouve encore mon dévoue- » ment. Contre l'ennemi commun, que tous )) les partis, que toutes les opinions se réu- 1 » nissent ! .Plutôt vous aurez triomphé des » infidèles , plutôt vous reverrez Ezilda. Que » la conduite de mes montagnards soit la jus- I » titlcation de leur souveraine ! Ce ne sera
» qu'en expulsant les Sarrasins que vous me
» rappellerez de l'exil. »
Par ordre de la princesse le vieux de la roche noire s'est rendu à la tour de l'orient. Seule