‹ Le renégatChapitre 230 sur 334 · LIVRE VIII. ii · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. ii

» quelques patriarches et leurs familles. Des » rochers vulcanisés environnent d'une triple » enceinte cet Eden inconnu : les gouffres » qui y comme une couronne de feux , tour- » nent à l'entour, en ferment toutes les en- )) tre'es. Deux routes seules y conduisent ; )j l'une , extrêmement périlleuse , est la pre- » mière que j'ai suivie : elle passe entre les » cratères de Fontanias , et ne peut être prise )) et continuée que par le mortel téméraire » qui ne fait aucun cas de la vie. L'autre est )) le lit d'un ancien torrent qui traverse la » montagne , et dont les eaux , après avoir )) couru sous une longue et ténébreuse voûte ^ » vont arroser ïa vallée heureuse.

» — Ce torrent est-il navigable ? inter- )) rompt Ezilda. — Oui, répond le vieillard. » J'ai suivi cette voie souterraine sur une » étroite nacelle qu'à ce dessein j'ai fait cons- » truire , et qui ne peut contenir que deux » personnes. Par cette route effrayante et

ii6 LE RENÉGAT.

» ignorée souvent je me rends en secret à la

» vallée m js té rieuse.

*) — Et jamais vous n'avez révélé son exis- » tence?

)) — Lorsqu'une curiosité , qui pensa m'étre » fatale, m'eut fait découvrir, de l'aulre côté » des rochers brûlans de Fontanias , une con- » trée entièrement inconnue, je remerciai le » ciel qui m'avait conduit à cette terre de fé- » licites. J'}^ séjournai plusieurs semaines ; et » bientôt la plus tendre amitié m'unit aux » patriarches de la vallée. Quelques - uns » d'eux, révérés comme les oracles des jours » anciens, connaissent les dangereuses issues » de leur solitude; ils n'ignorent point qu'il » est d'autres contrées que la leur; mais ayant » élevé leurs enfans dans la persuasion que » les sorties de la vallée étaient les entrées » de l'enfer, ils sont parvenus sans peine à les » isoler de l'univers. '

)) J'obtins la confiance et l'affection des an-

Page 1