‹ Le renégatChapitre 231 sur 334 · LIVRE YlII · texte numérisé non relu

LIVRE YlII

» ciens de la solitude , qui peut-être ont connu » jadis le monde , les hommes et le malheur. » Ils me firent parcourir leur plage fertile et )) protégée des cieux 5 où se recueillent cha- » que année toutes les productions nécessaires » aux besoins des mortels. J'admirai leur in- » dustrie, leurs lois et leurs mœurs. Je vis » que leurs arts et leurs travaux leur procu- » raient, sans le secours des autres habitans » du globe 5 toutes les douceurs de l'existence ; » et les aimant trop pour vouloir détruire }> leur repos et leur bonheur, je gardai le plus )) profond secret sur la découverte que j'avais » faite.

» La présence d'un étranger avait étonné » les jeunes pâtres du canton. Les patriarches » furent contraints de leur apprendre qu'il )) était d'autres hameaux que Fontanias, et » d'autres peuples que leurs familles. Mais à » l'ame simple et naïve de leurs enfans , ils )) offrirent en même temps un tableau si hor-

ii8 LE RENÉGAT.

)) rible du reste de la terre, qu'ils obtinrent » facilement d'eux le serment sacre' de ne » jamais chercher à sortir de la vallée heu- » reuse. Ah! puissent-ils tenir ce serment!

» A diverses reprises je suis retourné parmi » eux. Un des patriarches m'avait fait connaître » l'humide et souterraine voie que pouvait » suivre une nacelle : j'adoptai cette route; » et lorsque mon ame , fatiguée des hommes » de la civilisation, se sent le besoin des » hommes de la nature , je vole à la vallée » heureuse,

» — La nuit est sombre, dit Ézilda. Elle » favorise notre fuite. Où trouverons-nous » votre barque ? — - Au pied des rochers de » Fonlanias , amarrée sous une des grottes )) qui bordent le torrent. — Gondaïr, partons » à l'instant. »

Elle dit : couvrant sa tête d'un voile épais, elle descend d'un pas léger l'escalier de la

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